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Presse, titre et racolage

Décidément, à chaque jour son exemple. Je m’étais déjà agacé sur les journaux qui reprennent une info peu fiable dans le seul but de faire eux aussi partie de ceux qui parlent d’un évènement, comme l’arrivée de Google en tant qu’opérateur ou les tarifs de Free Mobile par exemple. Cette semaine, c’était les différences de traitement d’une info identique qui m’avait fait sourire, notamment par les titres des articles concernés. Mais aujourd’hui, c’est le pompon, avec un titre dont l’auteur sait qu’il est faux, de manière calculée et avouée.

Un tweet attire mon attention car il traite de « gilets jaunes obligatoires à [moto] ». En répondant que le titre est faux, et en disant pourquoi, voici la réponse :


@ Merci 😉 Je sais bien oui, mais un titre doit être accrocheur. Le détail est expliqué dans l’actualité. a+
@scootersystem
Scooter System

Et après, on se demande pourquoi de plus en plus de gens n’accordent aucune confiance à la Presse … Faire un titre accrocheur, pas de souci. mais de là à faire un titre faux pour attirer le clic et ensuite dire au lecteur qu’on l’a pris pour un abruti (quand il se donne la peine de lire l’article …), je doute que ce soit pertinent. Mais je dois être naïf.

Presse : De l’importance du titre

Un titre n’est pas seulement fait pour attirer le lecteur. Il en dit aussi beaucoup sur les intentions de celui qui écrit. Ici, on a un évènement, deux titres, et, forcément, deux lectures différentes engendrées par les mots placés en tête d’article.


RT @ : « Alerte : Nucléaire : l’ASN impose un renforcement de la robustesse des centrales… »
@CravingStef
Stéphane

Pour Le Monde : il faut un investissement massif. Tandis que pour Le FigaroLes centrales nucléaires françaises sont toutes suffisamment sûres pour poursuivre leur activité (ASN)

Quand on sait que les articles traitent du même rapport remis par l’ASN, on peut commencer à se demander où s’arrête le journalisme et où commence le parti pris. Multipliez vos sources d’information, vous verrez que ce cas de figure se présente bien souvent. Trop d’ailleurs, quand il s’agit de sujets sensibles et importants.

(non) Vérification des sources : Clap 2

Google MVNO en Espagne : Ben tiens ...Après Free Mobile, au tour de Google de jouer contre son gré les détecteurs de copieurs/colleurs. Il y a une semaine, de nombreux blogs et sites pros recopiaient benoîtement l’info provenant d’UBS et certifiaient les tarifs à venir Free Mobile, avant se de rendre compte que personne n’avait de certitudes et que la source initiale était peu digne de confiance.
Aujourd’hui, tout le monde annonce l’arrivée de Google en tant qu’opérateur virtuel de téléphonie (MVNO) en Espagne. Et on vous le jure, c’est vrai, on a même des photos ! C’est simple : en trente minutes, l’info est apparue sur quasiment tous les sites francophones traitant de téléphonie. Mieux : après la publication par PCInpact d’un article expliquant pourquoi cette info était une fumisterie (un hoax), bien peu ont reconnu leur erreur …

Et ça ne va pas s’arranger, car BGR vient de publier un article, qui fera donc passer cette info comme crédible. FreeMobile via UBS et Google MVNO via BGR, bis repetita ? Un peu déprimant tout ça.

De la fiabilité surfaite des sources

Ça commence par un tweet dans ma TimeLine :


Free Mobile : voilà les tarifs de l’offre de Free ! http://t.co/p1rDEjy #fredzone
@Fredzone
Fred

Il renvoie vers cet article sur le blog de FredZone présentant les tarifs de Free Mobile. Comme tout bon blogeur, il cite sa source, à savoir un autre blog, très actif, celui de Korben. L’info se met rapidement à tourner sur les réseaux sociaux.
Korben cite lui aussi sa source, TradingSat, qui dit pour sa part tenir l’info de UBS. Et là, ça pose souci car UBS est un établissement bancaire plutôt important. Pourquoi cela pose souci ? Tout simplement parce ces tarifs sont sortis du chapeau de Androidwold.fr le 7 juillet 2011 et qu’ils sont tout à fait fantaisistes. Si vous ne savez pas encore pourquoi, prenez le temps de lire ce long billet expliquant l’arnaque montée par son créateur.

On se retrouve donc avec une actu, totalement pipeau il y a deux mois, qui a fini par revenir (copiée à la virgule près pour les tarifs et précisions) par le biais d’un site estampillé « fiable et sérieux ». Du coup, tout le monde plonge. Des blogueurs à des journaux tout à fait pros, comme L’Expansion.
Dites, c’est bien beau de vouloir faire de l’audience à tout prix, mais chercher à savoir si on n’écrit rien de faux, c’est pas mal aussi. Que les blogueurs se fassent le relais d’une info lue sur un site de référence et lui fassent confiance, ça ne me dérange pas. En revanche, que des journalistes professionnels foncent tête baissée parce que « si Machin le dit, c’est vrai », ça laisse un sentiment étrange. Entre le pas sérieux et le vraiment mauvais.

À ceux qui publient : vérifiez vos sources. À ceux qui lisent : croisez vos infos et faites marcher les moteurs de recherche, ça évite des surprises. Et encore, c’est sur un sujet somme toute assez « léger » par rapport à bien d’autres. Ça laisse rêveur non ?

Bactérie et contagion : peurs à confirmer ?

Collision notable dans mes flux d’infos, entre les actus du journal Le Monde (mais aussi partout à la télé) et une bande-annonce de film. Dans les informations actuellement, une vilaine bactérie résistante aux antibiotiques. Ce zapping montre que c’est LE sujet de la journée (il y a sans doute plus grave sur la planète, mais c’est un autre débat …).

Un autre article du Monde explique pourquoi cette bactérie a été impliquée dans la mort de ces personnes et pourquoi les antibiotiques sont de moins en moins efficaces sur les bactéries actuelles, et à venir. Le sujet est complexe, intéressant et je vous invite à vous documenter, vous verrez qu’une fois de plus, l’Homme a tout fait pour générer les outils de sa propre destruction potentielle.

Le virus mutant, ce bon client pour les scénaristes

Et justement, puisque quand on parle de bactéries et de traitements inefficaces, le spectre d’un virus impossible à stopper n’est jamais bien loin. Or, il se trouve que le film Contagion, dont la sortie est prévue le 9 novembre prochain, commence à faire pas mal parler de lui à travers sa bande-annonce. Là encore, c’est vilain parce que « ça a muté » (phrase présente dans la vidéo du zapping), mais l’impact est plus important. Je vous laisse découvrir la bande-annonce, dont le sous-titrage en déprimera beaucoup.

Pour Contagion, j’irai le voir. Car outre un casting attrayant, la claque qu’avait été Traffic, du même réalisateur Soderberg, me donne envie de tendre l’autre joue.

Si le cinéma a toujours porté à l’écran les peurs et angoisses de son époque, comment comprendre la déferlante de films apocalyptiques depuis une dizaine d’années ?

La barre d’adresse : Finalement pas inutile ?

Je ne sais pas qui a écrit cet article de News Republic ITEspresso (merci Pierre pour la remarque) concernant une arnaque au paiement des contraventions via le Web, mais une des phrases ferait se retourner Tim Berners-Lee dans sa tombe s’il était mort. L’article est ici, lisez-le, il pourra vous permettre d’informer vos connaissances de ce site monté pour s’intercaler entre l’État et le contribuable pour régler ses prunes, en prenant une commission au passage. Mais le souci n’est pas là.

Une barre d’adresse ? Mais pour quoi faire puisque Google existe …

En témoigne ce vilain tour joué aux utilisateurs les plus imprudents. Tout commence généralement par une recherche Google, l’internaute n’étant pas censé assimiler directement des URL et les saisir telles quelles dans la barre d’adresse.

Dites donc les internautes, si le courrier vous précisant qu’il va falloir passer à la caisse précise clairement sur quel site il faut se rendre, en mentionnant bien l’adresse à taper, c’est pour bouffer de l’encre ? Personnellement, les gens qui se font avoir par ce biais, j’ai presque tendance à ne pas les plaindre. Quand à la personne qui a osé écrire la phrase cités au-dessus, sachez que, justement, la barre d’adresse ne devrait pas être ignorée !

Dans la moindre pub, la marque donne bien l’adresse de son site (www.MaSuperLessive.fr), et d’après News Republic, c’est inutile. Un courrier officiel dit que pour payer en ligne, il faut aller sur www.amendes.gouv.fr et on cherche des excuses à ceux qui n’en tiennent pas compte ?
Les neuneus qui vont sur Google pour taper directement l’url du site à visiter et ensuite cliquer sur le premier lien sont les premières victimes de la simplification/complication propagée par les médias généralistes.
Je m’explique : on dit aux gens qu’il peuvent tous utiliser un ordinateur parce que c’est facile. Mais très vite, on leur donne une méthode, perfectible, notamment pour des utiliser internet. Et on leur dit bien de ne pas faire autrement, parce que, hou la la, c’est compliqué l’informatique. Hey, sérieusement, au lieu d’écrire que l’utilisateur ne devrait pas se soucier de la barre d’adresse, une ligne pour dire que cette barre est l’endroit où il faut taper l’adresse du site qu’on veut visiter plutôt que faire une recherche et perdre 10 secondes, ce ne serait pas plus simple ?

Racisme ordinaire, et en chanson

Honnêtement, je ne pensais pas lire un jour une telle nouvelle. Un article du Midi libre m’effraie sur ceux qui habitent pourtant le même pays que moi.

Une institutrice a décidé d’apprendre à ses élèves une berceuse, tirée d’un dessin animé. Cette chanson a été écrite par une personne ayant officié pour Aznavour et Hallyday. Cette chanson est logiquement prévue pour la kermesse de fin d’année. Elle n’est pas en français, mais cela arrive souvent. Hélas, ici est tout le problème pour quelques parents d’élèves. Car la comptine disant que « Petit enfant deviendra grand, il franchira les océans, il sauvera la fée des djinns et tous les deux seront heureux, seront heureux » n’est pas en anglais ou en espagnol. Non, elle est en arabe. Horreur et consternation chez certains parents, qui très courageusement, ont pris la plume pour défendre leurs idées … avec une lettre anonyme.

Et d’y préciser que l’enseignante devrait plutôt apprendre aux marmots les paroles de la Marseillaise.Voir que certains préfèrent apprendre à des enfants une chanson en français mais révolutionnaire et franchement non-pacifique plutôt qu’une chanson un peu naïve mais faite pour les enfants car en langue étrangère (et surtout arabe, bouh c’est pas bien, la télé dit tout le temps qu’ils sont méchants).
Mais surtout honte que ce soit par lettre anonyme que certains se plaignent. Les délations de ce genre  me filent la nausée. Et ceux qui se disent fiers d’être Français et de défendre la France par de tels agissements devraient retourner à leurs livres d’Histoire pour se remémorer les heures auxquelles leurs agissements font malheureusement penser. Une fois de plus, le racisme ordinaire s’invite sur le devant de la scène, triste démonstration de l’efficacité des discours équivoques de nombreux politiques jouant sur la peur de l’autre pour mieux faire oublier leur travail de sape généralisée.

Bon courage … avec ton président

La citation de la semaine nous vient d’Amérique du Sud, avec un président nouvellement élu qui déclare :

J’ai une grande admiration pour le président français Nicolas Sarkozy, un homme qui possède beaucoup de leadership et de force

Certes, la majorité l’a voulu, et donc tout le monde l’auras. Mais à toi, électeur chilien qui n’a pas voté pour Sebastian Piñera et prend peur en voyant ce qu’il se passe en France, bon courage !

Sources : Le Temps, Le Monde

Je ne suis plus Français

Je le pensais pourtant, c’est inscrit sur mes papiers.
Mais à la lecture d’un édifiant article paru sur le site du journal Le Monde, je me rends compte que ce n’est pas si naturel.

Un Français, m’a-t-on appris à la mairie du 17e arrondissement de Paris, c’est, depuis peu, une personne née en France, d’au moins un parent né en France !

D’après les différents témoignages publiés, depuis 2007, la procédure a changé et s’est considérablement durcie. Donc, je ne suis plus français car né en France de parents naturalisés mais nés à l’étranger. Soit. Si on suit cette logique, mes enfants devraient être français, et je devrais leur expliquer que leur père est un étranger. Ceci dit, vu l’état de la France, serait-ce un mal … ?

La France blacklistée par Google ?

Quand la Culture se tire une balle dans le pied ? Presque.

Un rapport, remis cette semaine au Président de la République, préconise de taxer les recettes publicitaires des gros sites — basés à l’étranger mais diffusant en France — pour financer la Culture (devrait-on y mettre des guillemets ?), dont les rentrées d’argent ne seraient pas assez fortes.
Passons rapidement sur le fait que malgré les hauts cris de certains à propos du piratage, le cinéma ne s’est jamais aussi bien porté qu’en 2009, avec presque 200 000 000 d’entrées. Oui, 200 millions, mais le piratage en tant que bouc-émissaire est un autre débat. Non, cette fois, c’est dans un autre domaine que la preuve de l’incompétence est manifeste.

À l’origine de ce qu’on nomme déjà « la taxe Google », un constat simple. Certaines entreprises affichent des publicités sur leurs sites. Publicités qui leur rapportent de l’argent. Or, comme ces pubs peuvent être vues par des lecteurs français, il serait logique que l’entreprise en question paye des taxes (en fait, des impôts) sur l’argent gagné grâce aux pubs vues en France.
Tordu ? Certainement, mais comme il ne fuat guère s’embarrasser de jugeotte au moment de faire rentrer la monnaie, on fait une belle annonce en disant qu’une telle chose est scandaleuse, et que, si les caisses sont vides, c’est à cause des profits de Google ou Facebook qui auraient dû revenir à l’État. J’exagère ? Pas tant que ça. Voici ce qu’a déclaré Nicolas Sarkozy le 7 janvier 2010 :

[il faut] lancer au plus vite une expertise pour appréhender fiscalement les activités publicitaires des grands portails et moteurs de recherche internationaux présents en France. Pour l’instant, ces entreprises sont taxées dans leur pays siège, alors qu’elles ponctionnent une part importante de notre marché publicitaire […] Cette fuite de matière fiscale est particulièrement dommageable.

Il suffirait donc, si l’on en croit ce rapport, d’aller frapper chez les grands moteurs de recherche avec un grand sourire et de déclarer :

Bonjour, nous aimerions avoir le listing du nombre de visiteurs français ayant consulté vos publicités (et donc, vos visiteurs) pour vous réclamer un impôt, au prorata de ce que vous avez gagné grâce à notre beau pays.

J’ai du mal à ne pas sourire en imaginant le nombre de courriers qu’il faudra envoyer pour espérer toucher 20 centimes. Tout personne avec une très légère connaissance technique des réseaux comprendra que si cette meusre semble réalisable, c’est un monstre à mettre en place. De plus, il faudra faire confiance aux chiffres annoncés par les sites. À moins de procéder à des perquisitions, mais stoppons là le délire, ils ne le feront pas. Hein, ils ne feront pas ?

Notez que si Google (et autres) doit vraiment commencer à faire le compte des français qui utilisent ses services, j’imagine le pied de nez possible un beau matin :

Bonjour, vous vous connectez de France. Comme vos dirigeants estiment qu’on leur vole de l’argent et que nous ne souhaitons pas nous jouer leur jeu, vous ne pouvez pas utiliser nos services. De même, nous arrêtons de référencer les sites français. Vous êtes coupés du monde, bonne chance !

Car c’est bien ce que n’ont pas compris les zélés qui pondent des rapports plus vite qu’ils ne pensent : si Google gagne de l’argent « sur le dos » de la culture française, il permet aussi à cette même culture d’être visible depuis l’étranger, sans bourse délier. Mais que voulez-vous, quand on a des œillères …
Et à propos de Culture, voici l’avis du New York Post au sujet de cette idée :

Les autorités françaises, toujours contentes d’augmenter les impôts, voient en Google une source possible de cash pour financer la culture française en déclin.