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La Culture doit rester une industrie payante

L’industrie de la Culture ne devrait pas changer de nom avant un moment. Et ce n’est pas moi qui le dit, c’est Nicolas Sarkozy dans son discours de Vœux au monde de la Culture.

Est-ce que l’on respecte ce qui est gratuit ? Non !

Avec une telle manière de penser, peut-on raisonnablement attendre quelque chose de constructif, que ce soit pour la musique, le cinéma, la littérature ou (et ce domaine m’est encore plus cher), les Logiciels Libres ? Car si libre ne veut pas nécessaire dire gratuit, le logiciel libre peut être gratuit, c’est même l’une des libertés de base.
Faut-il donc penser que pour le Chef de l’État, un logiciel libre n’est pas respectable ?
Sait-il que de très respectables entreprises ont basé un vrai modèle économique sur le Logiciel libre ?
Sait-il que les Logiciels Libres sont la solution permettant de pérenniser plusieurs entreprises et/ou projets ?
A-t-il seulement conscience que sans être un gaucho-anarchiste, on peut concevoir que la logique des Logiciels Libres peut apporter plus de connaissances au peuple, et donc plus de pouvoir, tout comme peut l’apporter le partage de la Culture ? Ha, en effet, ça il en a sans doute une vague idée.

Et donc, doit-on respecter ce qui est gratuit ? Dans ce cas, la réponse officielle a été donnée, c’est non. Et c’est triste.

Y a un peu plus, je laisse ?

Alors que le CISR avait annoncé avec fracas que les panneaux annonçant les radars seraient supprimés, et que Nicolas Sarkozy ait ensuite certifié que « non, [il] ne reviendrait pas sur cette décision », une marche arrière s’initie doucement. Rien de radical, car le Gouvernement parle de « phase de démontage suspendue ».
Suspendue et non annulée, (grosse) nuance ! La technique est connue, les ficelles un peu grosses, mais ça marche encore : on fait deux pas en avant et ensuite un pas en arrière pour calmer la foule, sans parler des autres mesures annoncées par le CISR et qui restent apparemment au programme. Mais pour ça, il y a les mouvements planifiés pour le 18 juin.

Ce qui m’amuse, c’est l’image trouvée aujourd’hui, et qui résume magnifiquement bien la méthode dite des « ballons d’essai ». On fait dire à un membre du Gouvernement une énormité inconcevable, et selon les réactions, on s’adapte. Accessible en cliquant ici ou sur la miniature à droite, cette image est assez grande mais savoureuse.
Vous êtes outrés par une proposition ? Ne vous en faites pas, dans deux ans, elle reviendra sur le tapis, avec un nouvel emballage et vous finirez par vous la voir imposée.

Hep ma brave dame, pour votre commande d’entraves à la démocratie, y a un peu plus, je laisse ?

Racisme ordinaire, et en chanson

Honnêtement, je ne pensais pas lire un jour une telle nouvelle. Un article du Midi libre m’effraie sur ceux qui habitent pourtant le même pays que moi.

Une institutrice a décidé d’apprendre à ses élèves une berceuse, tirée d’un dessin animé. Cette chanson a été écrite par une personne ayant officié pour Aznavour et Hallyday. Cette chanson est logiquement prévue pour la kermesse de fin d’année. Elle n’est pas en français, mais cela arrive souvent. Hélas, ici est tout le problème pour quelques parents d’élèves. Car la comptine disant que « Petit enfant deviendra grand, il franchira les océans, il sauvera la fée des djinns et tous les deux seront heureux, seront heureux » n’est pas en anglais ou en espagnol. Non, elle est en arabe. Horreur et consternation chez certains parents, qui très courageusement, ont pris la plume pour défendre leurs idées … avec une lettre anonyme.

Et d’y préciser que l’enseignante devrait plutôt apprendre aux marmots les paroles de la Marseillaise.Voir que certains préfèrent apprendre à des enfants une chanson en français mais révolutionnaire et franchement non-pacifique plutôt qu’une chanson un peu naïve mais faite pour les enfants car en langue étrangère (et surtout arabe, bouh c’est pas bien, la télé dit tout le temps qu’ils sont méchants).
Mais surtout honte que ce soit par lettre anonyme que certains se plaignent. Les délations de ce genre  me filent la nausée. Et ceux qui se disent fiers d’être Français et de défendre la France par de tels agissements devraient retourner à leurs livres d’Histoire pour se remémorer les heures auxquelles leurs agissements font malheureusement penser. Une fois de plus, le racisme ordinaire s’invite sur le devant de la scène, triste démonstration de l’efficacité des discours équivoques de nombreux politiques jouant sur la peur de l’autre pour mieux faire oublier leur travail de sape généralisée.

Bouts de route aux enchères inversées

On en parle partout actuellement, les « radars tronçons » devraient entrer en service au second semestre 2010. Pour rappel, ils se chargent de mesurer la vitesse moyenne entre deux points. L’annonce a bien insisté sur un élément : pour éviter de frauder, ces radars seront placés sur des routes qu’on ne peut pas quitter et dépourvues d’aire de repos. Bref, sur des bouts d’autoroutes ou de 4 voies sans intersection et sans parking.
En résumé, on va mesurer la régularité des trajets sur des parcours présentant un risque accidentogène proche de zéro ! Comme toujours, belle preuve de clairvoyance de la part de gens qui osent dire que tout ça fait partie d’un arsenal préventif. Pendant ce temps là, en Italie, on discute très sérieusement de relever la limitation de vitesse à 150 km/h pour qu’elles soient plus empruntées car moins dangereuses que le réseau traditionnel. C’est que les usagers de la route italiens sont de meilleurs conducteurs ou que nos décideurs ont plus de mal à réfléchir ?

130 à ma gauche, 150 à ma droite. Une fois, deux fois, trois fois. Le jackpot est accordé à la limitation à 130, qui rapportera une belle tirelire, remplie par ceux dont on limite un peu plus la liberté chaque matin.

Les radars tronçons, dernière trouvaille d’une politique trop con ?

Source (en grande partie) : Édito : Les GPS bientôt obligatoires ?

EDF : Les prolos payent Proglio ?

On apprend ce matin sur le site du journal Les Echos que la Direction d’EDF envisage d’augmenter les tarifs de l’électricité de 24 % entre 2010 et 2015. Officiellement, pour financer des investissements. Difficile de ne pas sourire (jaune) lorsque cette annonce intervient alors que le salaire accordé à Henri Proglio fait tant parler.

Rappelons tout de même cette superbe phrase de Jean-François Copé (UMP) lorsque la somme de 1,6 millions d’euros versés annuellement à Proglio, soit une augmentation de 40 % par rapport à son prédécesseur :

Il faut être à contre-courant, c’est courageux

En effet, quelle preuve de courage que de s’octroyer un tel salaire, quelle preuve d’abnégation, le tout financé par la clientèle !
Notez que ça « paye », puisque l’action d’EDF gagne près de 1 % ce matin après l’annonce de cette hausse des prix. Pour l’explosion des tarifs, qui doit encore être approuvée par le gouvernement (elle le sera, soyez sans crainte), ne criez pas au scandale, c’est seulement la conséquence de la crise et pour rester compétitifs sur le marché mondial

Bon courage … avec ton président

La citation de la semaine nous vient d’Amérique du Sud, avec un président nouvellement élu qui déclare :

J’ai une grande admiration pour le président français Nicolas Sarkozy, un homme qui possède beaucoup de leadership et de force

Certes, la majorité l’a voulu, et donc tout le monde l’auras. Mais à toi, électeur chilien qui n’a pas voté pour Sebastian Piñera et prend peur en voyant ce qu’il se passe en France, bon courage !

Sources : Le Temps, Le Monde

Je ne suis plus Français

Je le pensais pourtant, c’est inscrit sur mes papiers.
Mais à la lecture d’un édifiant article paru sur le site du journal Le Monde, je me rends compte que ce n’est pas si naturel.

Un Français, m’a-t-on appris à la mairie du 17e arrondissement de Paris, c’est, depuis peu, une personne née en France, d’au moins un parent né en France !

D’après les différents témoignages publiés, depuis 2007, la procédure a changé et s’est considérablement durcie. Donc, je ne suis plus français car né en France de parents naturalisés mais nés à l’étranger. Soit. Si on suit cette logique, mes enfants devraient être français, et je devrais leur expliquer que leur père est un étranger. Ceci dit, vu l’état de la France, serait-ce un mal … ?

La France blacklistée par Google ?

Quand la Culture se tire une balle dans le pied ? Presque.

Un rapport, remis cette semaine au Président de la République, préconise de taxer les recettes publicitaires des gros sites — basés à l’étranger mais diffusant en France — pour financer la Culture (devrait-on y mettre des guillemets ?), dont les rentrées d’argent ne seraient pas assez fortes.
Passons rapidement sur le fait que malgré les hauts cris de certains à propos du piratage, le cinéma ne s’est jamais aussi bien porté qu’en 2009, avec presque 200 000 000 d’entrées. Oui, 200 millions, mais le piratage en tant que bouc-émissaire est un autre débat. Non, cette fois, c’est dans un autre domaine que la preuve de l’incompétence est manifeste.

À l’origine de ce qu’on nomme déjà « la taxe Google », un constat simple. Certaines entreprises affichent des publicités sur leurs sites. Publicités qui leur rapportent de l’argent. Or, comme ces pubs peuvent être vues par des lecteurs français, il serait logique que l’entreprise en question paye des taxes (en fait, des impôts) sur l’argent gagné grâce aux pubs vues en France.
Tordu ? Certainement, mais comme il ne fuat guère s’embarrasser de jugeotte au moment de faire rentrer la monnaie, on fait une belle annonce en disant qu’une telle chose est scandaleuse, et que, si les caisses sont vides, c’est à cause des profits de Google ou Facebook qui auraient dû revenir à l’État. J’exagère ? Pas tant que ça. Voici ce qu’a déclaré Nicolas Sarkozy le 7 janvier 2010 :

[il faut] lancer au plus vite une expertise pour appréhender fiscalement les activités publicitaires des grands portails et moteurs de recherche internationaux présents en France. Pour l’instant, ces entreprises sont taxées dans leur pays siège, alors qu’elles ponctionnent une part importante de notre marché publicitaire […] Cette fuite de matière fiscale est particulièrement dommageable.

Il suffirait donc, si l’on en croit ce rapport, d’aller frapper chez les grands moteurs de recherche avec un grand sourire et de déclarer :

Bonjour, nous aimerions avoir le listing du nombre de visiteurs français ayant consulté vos publicités (et donc, vos visiteurs) pour vous réclamer un impôt, au prorata de ce que vous avez gagné grâce à notre beau pays.

J’ai du mal à ne pas sourire en imaginant le nombre de courriers qu’il faudra envoyer pour espérer toucher 20 centimes. Tout personne avec une très légère connaissance technique des réseaux comprendra que si cette meusre semble réalisable, c’est un monstre à mettre en place. De plus, il faudra faire confiance aux chiffres annoncés par les sites. À moins de procéder à des perquisitions, mais stoppons là le délire, ils ne le feront pas. Hein, ils ne feront pas ?

Notez que si Google (et autres) doit vraiment commencer à faire le compte des français qui utilisent ses services, j’imagine le pied de nez possible un beau matin :

Bonjour, vous vous connectez de France. Comme vos dirigeants estiment qu’on leur vole de l’argent et que nous ne souhaitons pas nous jouer leur jeu, vous ne pouvez pas utiliser nos services. De même, nous arrêtons de référencer les sites français. Vous êtes coupés du monde, bonne chance !

Car c’est bien ce que n’ont pas compris les zélés qui pondent des rapports plus vite qu’ils ne pensent : si Google gagne de l’argent « sur le dos » de la culture française, il permet aussi à cette même culture d’être visible depuis l’étranger, sans bourse délier. Mais que voulez-vous, quand on a des œillères …
Et à propos de Culture, voici l’avis du New York Post au sujet de cette idée :

Les autorités françaises, toujours contentes d’augmenter les impôts, voient en Google une source possible de cash pour financer la culture française en déclin.