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L’Allemagne abandonne Linux

Après 10 ans à promouvoir le Logiciel Libre, le Ministère des Affaires Étrangères allemand fait volte-face et vient d’expliquer qu’au regard de coûts inattendus, les postes client (et donc des utilisateurs) vont abandonner GNU/Linux pour revenir à Microsoft Windows, avec dans la foulée la suite Office de Redmond et Exchange. Donc exit Firefox ou LibreOffice. L’article complet est à lire sur Numerama et ne manquera pas de déprimer tous ceux qui croient fermement que les logiciels libres ont leur place dans le monde de l’entreprise.

Les arguments avancés ressemblent beaucoup à ceux régulièrement utilisés par Microsoft pour effrayer ceux qui souhaiteraient effectuer la migration, mais à mon avis, le plus gros frein est le facteur humain. Malgré tout l’optimisme qu’on peut mettre à libérer (vraiment !) un parc informatique de logiciels aux licences abusives et aux performances perfectibles, tant que l’utilisateur ne voudra pas faire un effort d’adaptation, même dérisoire, rien ne pourra bouger. Pour en avoir fait l’expérience, changer de navigateur internet n’est pas dérangeant pour l’utilisateur lambda … tant que vous laissez l’icône d’Internet Explorer. Alors changer tout un système et faire face à la disparition du menu Windows, je n’ose imaginer la « détresse » de certains. Et pourtant, le Démineur existe même sous OpenSUSE ou Fedora.

Allez, pour se remonter un peu le moral, on ira lire cet article du portail Alionet expliquant que la Bourse de Londres bascule sous SuSE Linux Enterprise.

Et dans la série « je crois que mon cas particulier vaut pour tous », une entreprise peut tout à fait fonctionner en n’utilisant que des logiciels libres. Pour ça, il faut que ceux en charge du système informatique sortent du schéma « je reste sur mes acquis d’il y a 20 ans et je refuse de faire un effort de formation ». Tout le monde aurait à y gagner sur le long terme. Mais qui a encore des politiques à long terme ?

Rousseau le caméléon : OpenSUSE 11.3 est là !

Il y a quelques temps, ma Fedora 13 (Goddard) du laptop utilisé pour le boulot a cédé sa place à une préversion de la nouvelle mouture de OpenSUSE 11.3. Je sais, je suis joueur à utiliser en production une version non finalisée. Que voulez-vous, on ne se refait pas !

Il faut dire qu’avant cette Fedora 13 (que j’utilise toujours chez moi et depuis laquelle je tape ce billet), c’était déjà la distribution au caméléon qui me servait au travail.

Mettons les choses au point : non, il n’y a rien de révolutionnaire dans cette version 11.3 par rapport à la précédente, et donc, pas d’obligation à migrer. Voici la liste des plus gros changements pour une utilisation courante :

Le dernier noyau Linux 2.6.34, GNOME 2.30, KDE 4.4.4, XFCE 4.6.1, OpenOffice 3.2.1, GIMP 2.6.8, Inkscape 0.47, Firefox 3.6.4

Même s’il a son lot de non-partisans, KDE 4.4.4 représente une belle évolution de cet environnement de bureau pour les machines assez puissantes. Entendez par là que comme toute interface évoluée et bourrée d’effets visuels, elle n’a pas vraiment sa place sur un netbook par exemple, où le fantastique LXDE (ou XFCE) sera bien plus à son aise. Je suis en revanche assez déçu ne pas trouver la dernière version de Firefox, estampillée 3.6.6, alors qu’elle est disponible depuis quelques semaines un peu partout.

Sur mon installation d’une version 11.3 de Suse encore en RC1 (puis RC2), je n’ai pas eu de souci particulier. Comme souvent, le pilote propriétaire nvidia n’est pas présent dans ces versions non-stables, mais le pilote libre nouveau s’avère bien suffisant pour une utilisation bureautique. On peut même pousser le vice jusqu’à utiliser quelques effets 3D avec, mais sur un double écran, ça commence à ramer. Dans tous les cas, la stabilité est au rendez-vous et l’atout majeur de OpenSUSE sur les autres distributions reste un modèle du genre. Lequel ? Mais Yast bien entendu ! L’outil de configuration maison est toujours aussi bien intégré à l’interface et son utilisation est vraiment simple, faisant passer les outils d’autres distributions pour de vilains bricolages archaïques.

Les paquets sont des fichiers RPM, comme sur Fedora (ou Red Hat, forcément), qu’on gère très simplement via Yast ou en ligne de commande avec l’outil zypper, équivalent de yum pour les habitués du chapeau rouge. À noter que là, OpenSUSE marque de gros points en utilisation graphique, car l’immonde Yumex est une horreur à utiliser au quotidien.

Si d’aventure un logiciel que vous cherchez n’existe pas dans les dépôts de base (au pif … Firefox en version 3.6.6), faites un petit tour ici : http://software.opensuse.org/search
Vous pourrez alors installer la dernière version d’un clic, et profiter automatiquement des mises à jour quand elles seront disponibles puisque l’outil 1-Click ajoute tout seul le bon dépôt pour simplifier la vie. Certes, c’est un détail. Mais ils sont nombreux, et c’est typiquement le genre de petit détail qui fait qu’on apprécie, ou pas, une distribution. Et c’est ce qui fait que pour le moment, jusqu’à ce qu’une autre distro propose des innovations intéressantes, le caméléon a ma préférence.

Supposée arriver uniquement demain, la version définitive 11.3 a été mise en ligne par l’équipe de Alionet et se trouve déjà sur mon serveur : stockage.ptitlu.fr

Au fait, pourquoi ce titre ? Simplement parce que le nom de code de OpenSUSE 11.3 est Rousseau. D’ailleurs, la prochaine se nommera Voltaire. Ce sera un gros changement puisqu’on passera à la version 12.0, en mars 2011.