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Prometheus : Promesses tenues

Affiche du film PrometheusJ’avais prévenu que fin mai, il y aurait un gus planté devant son ciné pour assister à la première de Prometheus. Chose faite. Si vous hésitez à aller passer deux heures en salle obscure (hormis pour profiter de la clim…), sautez le pas, Prometheus vaut largement le déplacement.

Un agréable retour aux sources

Pas facile, 30 ans après, de faire un film expliquant ce qui est arrivé avant le premier film d’une saga. George Lucas s’y est explosé tout le râtelier. À mon sens, Ridley Scott signe ici un film intelligent, en reprenant quelques éléments qui rappelleront le premier Alien, mais également le second, réalisé par James Cameron,le tout sans jamais donner l’impression de tirer de grosses ficelles. On n’a jamais la sensation qu’il nous hurle à l’oreille :

« Hey, vous avez vu comment je fais référence au premier film là avec cette tenue ? Et là, on se croirait dans le second hein, vous avez fait gaffe aux couleurs ? »

Non, Scott est au-dessus de ça. D’ailleurs, il l’avait dit, Prometheus n’est pas à proprement parler LE film précédent Alien. On a ici affaire à un (très) bon film de SF, emprunt d’une dose de mythologie(s) savamment distillée. Certes, on en apprend un peu plus sur les origines des xénomorphes et du Space Jockey, l’inconnu le plus célèbre de la saga ; mais Prometheus est un film qui pourrait se suffire à lui-même. Ce qui, en ces temps de remakes, n’est pas le moindre des exploits.

Si vous avez été le voir, je vous accorderais quelques points :

  • oui, le personnage de Noomi Rapace a de furieuses similarités avec celui de Sigourney Weaver, mais le clin d’œil est à voir comme un hommage, non ?
  • oui, l’androïde (remarquable interprétation de Fassbender) tient plus d’un Replicant Nexus que de Ash, mais Scott était aux commandes de Blade Runner, et ça se sent.
  • 100 fois oui, la « surprise » de Weyland n’en est pas une. Du tout, ça se voit venir trop vite
  • à la fin, le Space Jockey ne devrait pas quitter son siège, pour faire la boucle parfaite

Mais bon sang, j’ai passé deux heures géniales, à me dire que Ridley Scott faisait toujours preuve de maestria dans ce domaine si délicat de la science-fiction, qu’il parvient à servir sans jamais sombrer dans la facilité. Et pour ça, merci Monsieur Scott !
Merci aussi pour les références à un autre standard de la SF, car comme je le disais dans mon précédent billet, après Prometheus et Japet, on a droit à un autre point commun avec 2001 : l’action se passe bien sur un satellite d’une planète disposant d’anneaux. Comme Japet pour Saturne…

Question finale pour ceux qui l’ont vu : pensez-vous qu’on aura droit à une suite, dans une branche différente de Alien ? Pour ma part, j’aimerais que non, je préfère les fins ouvertes, et dans ce film, Scott a trop laissé entendre qu’on ne devait pas forcément trop chercher à en apprendre sur les vraies origines de l’Homme.

Vous êtes restés jusqu’au bout de la séance ? À la fin du générique et inclus dans le texte, on a le logo de Weyland Corp., avec ce texte :

Building better worlds, since 10/11/12

Et donc, le 11 octobre 2012 dans notre manière d’afficher les dates. Que symbolise cette date ? Je n’ai pas encore trouvé.
Comme mentionné dans les commentaires (merci), le 11 octobre 2012 est la date de création de la Weyland Corporation : http://www.weylandindustries.com/timeline

Prometheus : Clins d’œil SF

D’un titre à l’autre, des mythes se rencontrent.

C’est évident, fin mai, je suis au cinéma pour découvrir le nouveau film de Ridley Scott : Prometheus. Mais en attendant de voir cette œuvre, qui aurait dû être un film dont l’histoire se déroule avant Alien du même Ridley Scott (ce que les anglophones nomment Prequel), c’est son nom qui m’intrigue. Et me fait sourire.

Prometheus : Un titre pas anodin

Non, je ne suis pas naïf, je sais bien que le titre d’un film de cette envergure ne doit pas grand chose au hasard. Celui-ci est plutôt bien choisi et colle d’ailleurs au scénario. Voici le résumé fourni par Allocine :

Des scientifiques cherchent à dépasser leurs limites mentales et physiques et tentent d’explorer ce qu’il y a au-delà du possible. Ils vont être amenés à découvrir un monde qu’ils n’auraient jamais imaginé. Un monde où leur seront apportées des réponses aux questions les plus profondes. Un monde où le mystère ultime de l’existence peut enfin être percé.

Mais passons d’abord à la bande-annonce, histoire de vous en mettre plein les yeux si vous n’avez pas encore entendu parler de ce film. La version française est ici.

Lieux, vaisseaux, intrigue initiale : on retrouve clairement les éléments visuels propres à la saga Alien. Même la tenue (légère) fait penser à ce que portait Sigourney Weaver dans le premier opus. Allez, une autre petite photo pour s’en convaincre.
Si on résume : une expédition part à la recherche d’une civilisation qui aurait apporté la connaissance à l’Humanité il y a des millénaires. On touche là au mythe même de Prométhée, qui aurait, selon les versions, apporté le Feu Sacré des Dieux (la connaissance) aux hommes ou aurait été à l’origine de leur création dans un bloc d’argile. Donc, oui, le titre est adéquat, et laisse entrevoir ce que le film mettre en avant, en ajoutant la baston et la menace ; là encore, répétition de la mythologie disant qu’on ne plaisante pas avec les Dieux, de l’Olympe ou de l’Hyperespace.

Mais les amateurs de SF auront sans doute vu une autre référence. Prométhée, celui de la mythologie, est un Titan, dont le père s’appelait Japet. Or, Japet est le nom d’un satellite de Saturne. Et c’est sur cette lune que Arthur C. Clarke avait placé le Monolithe de 2001, l’Odyssée de l’Espace. Un Monolithe qui n’était pas innocent dans l’évolution de l’Homme, depuis ses origines, et qui lui ouvre ensuite bien des portes. Enfin, une 😉

Vivement la sortie de Prometheus, pour aller le regarder sur un (très) grand écran, s’en coller plein les mirettes, rêver, et, en sortant, espérer qu’en regardant mes yeux, on tienne les mêmes propos que Bowman quand il approche du Monolithe de Japet :

Oh ! mon Dieu ! C’est plein d’étoiles !