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Un bel exemple de censure avec la Hadopi et LCP

Hier, Numerama indiquait que LCP (La Chaine Parlementaire, canal 13 sur la TNT) avait publié une vidéo expliquant que les députés avaient ridiculé la HADOPI. De manière finalement peu surprenante, cette vidéo a été rendue inaccessible, avant de revenir, plus longue et sous une forme différente, modifiant la conclusion. D’ailleurs, même le titre à changé, passant de Hadopi ridiculisée par les députés à Hadopi a présenté son premier rapport d’activité à l’Assemblée.

Si là, on n’est pas dans le cadre de la censure, je n’y connais plus rien. À moins que LCP ne dise que la première version était une version non finalisée mise en ligne par un stagiaire qui a fait une bourde.
Cette institution, qui ponctionne des millions d’euros au nom de la protection de la Culture, semble avoir du mal avec la liberté d’expression. Apparemment, la démocratie, c’est de moins en moins « cause toujours » et chaque jour un peu plus « ferme ta gueule ».

Pink Floyd remasterisé, l’arnaque sonore

Pink Floyd - Wish you were hereL’info fait la Une des sections musicales de tous les journaux : la discographie intégrale de Pink Floyd ressort, en version remasterisée, et c’est apparemment une grande nouvelle. Si vous souhaitez découvrir ce groupe via les albums d’hier avec le son d’aujourd’hui, elle est disponible à la FNAC. Enfin, si vous avez environ 180 € à jeter par les fenêtres. Car les versions remasterisées n’ont jamais été un gage de qualité sonore, bien au contraire. Et cette édition risque fort de souffrir elle aussi de la Loudness War.

Albums remasterisés : Le syndrome R19

Les pros parlent de Loudness War, traduite le plus souvent par Guerre du Volume ou (plus justement) Guerre du Niveau. Personnellement, j’appelle ça le Syndrome R19. Pourquoi ? Imaginez-vous, audiophile ou simplement amateur de musique en train d’essayer d’expliquer à votre voisin que les 4 000 watts prétendument disponibles dans les 3 caissons de sa Renault 19 diesel à aileron ne lui permettront pas forcément d’avoir un son de qualité et respectueux de ce qu’il souhaite écouter. La réponse sera immanquablement :

ouais, mais y a des basses et le son est impressionnant, ça pète !

Vous ne pourrez pas lutter contre cet argument. Le souci, c’est quand le syndrome R19 cesse d’être circonscrit à votre voisin pour envahir les bacs des disquaires. Car depuis des années, c’est bien à ça que jouent les maisons de disques en proposant des éditions spéciales. Le volume moyen y est augmenté, au détriment des harmoniques et de la plage dynamique (la différence entre le niveau moyen et le niveau de crête). Cela vous semble obscur ? Voici quelques vidéos pour mieux comprendre, par l’exemple.

On voit bien ici qu’une partie de la bande son est perdue. Pas de bol, c’est celle qui apporte sa finesse au morceau. Un autre exemple, avec Dire Straits.

Généralement, si vous n’avez que la version remasterisée, ça peut passer. On trouve le son un peu étrange mais bon … Seulement, quand on compare à l’originale, c’est la catastrophe. Et comme l’explique très bien la vidéo suivante, c’est une tendance lourde de l’industrie musicale (remarquez, pour de l’industrie …) que d’augmenter le niveau moyen, produisant de facto de la bouillie éprouvante pour le pauvre auditeur.

Remasteriser, une trahison ?

Pink Floyd : Dark Side of the MoonPink Floyd débarque donc en version massacrée remasterisée. Un  groupe qui estimait que ses albums devaient se déguster comme des œuvres à part entière et ne voulait donc pas proposer chaque piste à la vente en version numérique, ça doit leur faire bien mal. Mais sur ce point, ne rêvons pas, ce sont les maisons de disques qui parlent. Et ce n’est pas en ajoutant un livre et trois inédits sortis des tiroirs qu’on rattrape une ânerie pareille. Non, franchement, the great Gig in the Sky, je ne l’imagine pas autrement qu’en version originale, loin de la version mâchée qui sera certainement de mise, sans parler de Shine on you, Echoes, the final Cut ou tant d’autres. Et si je veux que « ça pète », je monte moi-même le son, je n’ai pas besoin qu’on le fasse à ma place.

Quitte à vouloir refaire du pognon, puisque c’est bien la motivation de cette édition, pourquoi ne pas avoir ressorti les albums originaux avec des livrets vraiment complets, des photos, … bref un vrai package autour de la musique ? Ou alors, idée folle et stupide, baisser le prix des CD ? Car après 20 à 30 ans, les trouver encore à 20 € le CD, ça sent clairement la pompe à fric. Finalement, le souci des maisons de disques, c’est qu’elles se foutent totalement de ce qu’il y a dessus, et n’ont pas compris que Money était une critique, pas un conseil.

Clementine, lecteur de musique savoureux

Depuis mon dernier billet à son sujet, et comme annoncé, j’ai dégagé Amarok, remplacé par Clementine, un lecteur qui est finalement ce que Amarok2 n’a jamais su être. Malgré tout, quelques fonctions me manquaient, comme la gestion des listes de lecture dynamiques (obligatoire au travail) ou l’affichage des paroles, parfois bien sympathique.

À croire que je n’étais pas le seul, car la version 0.6 de Clementine, tout juste disponible, propose tout ceci. Si vous utilisez Amarok mais pestez régulièrement à propos de sa lourdeur et de son interface gloubiboulguesque, vous n’avez plus aucune raison de ne pas franchir le pas. D’autant plus que certains plasmoids sont désormais adaptés à Clementine. Sous KDE par exemple, le plasmoid « en écoute » affichera à présent le titre et la jaquette du morceau diffusé ainsi que les boutons de contrôle.

Clementine en version 0.6, on est sur une très bonne voie.

Utiliser l’expérience du passé

En repartant sur les bases de la branche 1 de Amarok, les développeurs ont fait un choix à mon avis payant. Les ajouts de cette version 0.6 apportent une maturité étonnante et agréable pour une version si « jeune ». Malgré tout, il faut souhaiter que le projet ne partira pas « dans tous les sens » comme avait pu le faire Amarok, qui s’était finalement éloigné de ce que voulaient les utilisateurs pour devenir une chimère appréciée de ses propres créateurs. Certes, il doit être difficile de savoir quand s’arrêter et si l’adage disant que « le mieux est l’ennemi du bien », la limite est souvent ténue. Mais Amarok2 étant un exemple encore en activité de ce qu’il ne faut pas faire, les développeurs de Clementine ont tout ce qu’il faut pour ne pas reproduire les mêmes erreurs, enfin je l’espère.

Site de Clementine : www.clementine-player.org

Oui je piratais, mais ne le faites pas

Schizophrénie ou foutage de gueule ? On est en droit de se poser la question quand on entend quelqu’un comme Calogero déblatérer autant d’âneries en quelques minutes.
Suite à l’article de PC INpact, j’ai écouté l’intervention de Calogero sur RMC. L’artiste, qui a toujours soutenu HADOPI y a tenu un discours exécrable.

Passons rapidement sur le fait qu’il soutient HADOPI tout en estimant que ça ne sert à rien. Non, ce qui me fait bondir, c’est qu’il ose dire trouver scandaleux que des jeunes piratent de la musique avant de décalrer que lui a piqué des disques quand il était jeune et qu’il n’avait pas les moyens de les payer.
Certes, le travers est connu : faites ce que je dis, pas ce que je fais. Mais là, parler de la nécessité de verrouiller internet quand on est incapable de comprendre que le « piratage » occasionné par les particuliers n’est pas pire que ce qu’il faisait en étant gamin, ça a tout de même tendance à me filer la gerbe.

Et quand il déclare que depuis 15 ans, il ne « pige rien à internet », on n’a aucune peine à le croire … Ce qui serait bien, c’est qu’il se pose en revanche des questions sur la part de la politique des maisons de disques dans le fait que les gens achètent de moins en moins de musique. Mais pour ça, il lui faudrait réfléchir, ce qui est plus fatigant que gueuler comme un putois au micro d’une radio. Qui plus est en se ridiculisant.

Clementine plus digeste que Amarok ?

L’an passé, je m’étais fendu d’un billet sur l’évolution d’un logiciel libre. En l’occurrence, il s’agissait d’Amarok qui passait alors de la branche 1.x à 2.x, non sans heurts. Le billet peut être consulté sur mon ancien blog. Il n’est pas tendre avec les développeurs d’Amarok. Mais même avec un an de plus à utiliser le logiciel, je persiste : Amarok 2 est devenu trop gros, trop lourd, et fait tout sauf le café. Or j’aime le café, et ne pas en proposer est une hérésie. Hem pardon …

Plus sérieusement, le changement n’a pas été qu’esthétique en passant à Amarok 2, à l’époque justifié par le passage à Qt4. Certes, quelques améliorations ont été bienvenues. Dans mon cas, c’est la possibilité de créer des listes de lectures dynamiques qui m’a finalement fait revenir vers Amarok 2. Mais sa lourdeur devient peu supportable, et surtout peu justifiable.
Ayant, je l’avoue, un peu lâché l’affaire, je suis tombé ce matin sur un billet de Syvolc présentant un logiciel du nom de Clementine. Il s’avère que Clementine (pour simplifier) un portage de Amarok 1.4 utilisant Qt4. Dites donc, ce n’est pas ce que les utilisateurs attendaient et que les développeurs d’Amarok n’ont pas pu ou pas souhaité leur offrir ? Mais si ! Et Clementine répond tout à fait aux besoins en question.

Clementine sous GNU/Linux. Ce qu'aurait dû être Amarok 2 ?

Amarok, en deux fois moins lourd …

C’est bien simple, Clementine utilise de 30 à 50 % de ressources en moins par rapport à Amarok 2. Et même si les machines récentes peuvent tout à fait supporter des applications « un peu lourdes », voir un système perdre en réactivité pour de telles raisons m’agace toujours.
Si vous voulez essayer ce logiciel, allez sur son site : http://code.google.com/p/clementine-player/ mais sachez que logiquement, les dépôts de votre distribution favorite devraient déjà le contenir, comme c’est le cas sur openSUSE. D’ailleurs, Clementine est même disponible pour Windows et Mac OS X, si vous n’avez pas le choix du système d’exploitation de votre ordinateur.
Seul bémol à ce jour : la somme de petits outils développés pour Amarok (widgets de bureau, etc) risque de ne pas fonctionner avec Clementine. Mais je parie qu’il faudra peu de temps pour que l’adaptation soit fonctionnelle. C’est aussi ça la force du Logiciel Libre, proposer l’exhaustivité, laisser le choix, et permettre une incroyable réactivité.

Musique : Vive Pascal Nègre !

Il y a des matins comme ça, où on manque de s’étouffer en lisant un article.
Suite à un lien dégoté sur Twitter, je tombe sur une interview de Pascal Nègre accordée à TF1 News. Certes, TF1 (Star Ac et le JT de 13 h) + Pascal Nègre (Universal), ça sent le troll à plein nez. Et vous êtes loin du compte. Extraits choisis.

Lorsque j’ai commencé mon métier, le disque vivait quatre révolutions : l’arrivée du CD, les radios libres, la publicité télé, et la baisse de la TVA. Aujourd’hui, […] je vis de nouveau une révolution. La différence, c’est qu’à l’époque il n’y avait pas de piraterie.

Bon, déjà, piraterie est une nouvelle fois utilisé à tort. Mais surtout, on a un monument de mauvaise foi car les maisons de disques ont toujours hurlé au scandale à chaque changement. La cassette audio, le CD, les radios libres ont été accusées de précipiter l’industrie du disque dans le gouffre. Une technologie Y arrive sur le marché, ils hurlent. Quand la technologie Z débarque, c’est elle le nouveau démon à abattre et ils ont beau jeu de déclarer que Y était une technologie utile …

Plutôt que des brontosaures, on a peut-être été des pionniers. La manière dont on s’est adapté pourrait inspirer d’autres industries.

On pourrait arrêter là, car cette phrase est au top du pipotron. Les maisons de disques se sont adaptées ? Oui, en se débrouillant pour faire passer des lois ou ajouter des taxes qui ne font que perfuser un système qui n’est plus du tout adapté. Une offre légale ? Pourquoi faire ? D’après Pascal Nègre, si Deezer a peiné à décoller et si Jiwa (ou d’autres) se sont vautrés, c’est parce qu’ils étaient mauvais, pas parce que les droits exigés par des maisons de disques (qui n’en reversent pas beaucoup à leurs artistes) étaient démesurés.

Il a selon moi une seule parole juste dans toute cette interview, quand il dit qu’il est stupide de « pirater pour pirater ». Ce comportement, visible pour la musique ou pour les films, quand on sait qu’on ne pourra pas tout regarder ou tout voir, m’a toujours amusé. Cependant, il serait bon qu’on comprenne enfin que la musique, le cinéma, la peinture ou la littérature ne sont pas des biens comme peuvent l’être une chaise de bureau ou une cafetière.
Il est d’ailleurs tout à fait antinomique de parler d’industrie de la Culture, non ? À moins de vouloir la réserver à ceux qui peuvent se l’offrir, mais ça, c’est un autre débat.

Web & Hadopi : Prospective pour ayant droit

Billet d’origine disponible sur Turb(l)o(g) sous une licence Creative Commons qui autorise à reproduire le texte tant qu’on met un lien vers la source (comme ce blog d’ailleurs).
N’hésitez pas à diffuser ce texte, simple et clair pour expliquer, même et surtout à des non-techniciens, à quel point le combat des maisons de disques est vain, coûteux, et préjudiciable à ce qu’est vraiment un réseau mondial.

Amis ayants droits, vous êtes dans votre droit, puisque c’est votre droit.

Vous avez le droit de tenter de faire condamner cette partie de l’humanité qui est quasi la seule à pouvoir payer pour votre subsistance, vous l’avez toujours eu, puisque cette humanité a toujours, depuis 40 ans, échangé certaines de vos oeuvres sans payer de droits tout en payant pour certaines autres.

N’avez-vous pas remarqué ? Lorsque la cassette audio est arrivée dans les années 60, avec sa possibilité de fixer soi même sur un support magnétique tout son, celui de la voix, celui de la radio, celui du vinyle que vous aviez vendu puis de le dupliquer à volonté, vous avez hurlé au massacre. Le CD était la solution, mais manque de pot, des malins ont trouvé un moyen de les dupliquer et l’ont industrialisé. Vous avez inventé les DRM, solution radicale, aussitôt contournée. Vous avez poussé à la création d’une loi inapplicable et bancale qui va lancer des filets à des endroits d’ou ceux que vous qualifiez de pirates sont déjà partis depuis des mois.

Et depuis 1980, à en croire les chiffres que vous avancez régulièrement, les ventes chutent de moitié tous les ans. Attendez, je compte, vous ne vivez donc plus qu’avec 0,000000093% des revenus que vous aviez à l’époque ou Jean-Philippe Lecat était ministre de la culture. Ça doit être difficile, la vie, avec l’inflation qui s’ajoute à ça.

Restons sérieux, combien d’argent avez-vous dépensé depuis 1963 pour combattre une chimère ? Combien d’argent vous à rapporté cet investissement ? Quel était le chiffre d’affaire général de votre profession cette année la ? Ajouté à l’inflation, par combien a-t-il été multiplié en 2010 ? Avez-vous seulement une méthodologie fiable pour estimer ces chiffres ?

Vos ennemis d’aujourd’hui ne sont pas les gens qui font du peer2peer ni même les clients du direct download. Lorsque vous n’avez pas la possibilité d’emmener les enfants à EuroDisney, vous allez au square. Si on vous interdit de square, ça ne vous fera pas plus aller à EuroDisney.

Vos ennemis sont tous les gens qui prennent l’argent de votre clientèle pour leur fournir vos contenus et qui encaissent cet argent à votre place. Si vous ne parvenez pas à les faire enfermer, la seule solution est de faire mieux, plus vite et moins cher qu’eux.

Vous et moi savons très bien que vous le pouvez. Essayez, juste pour voir, avec le nouvel album d’un de vos artistes multimillionnaire qui n’a rien à perdre, proposez le en téléchargement pour 50 centimes d’euro l’album en partenariat avec les fournisseurs d’accès (paiement par le client sur la facture du fournisseur d’accès), je suis sur que vous gagnerez autant d’argent qu’en le vendant 10 euro sur iTunes.

Vous n’empêcherez pas les gens de s’échanger vos oeuvres gratuitement, au mieux vous réussirez peut-être à ralentir la distribution tout en poussant les vrais criminels à chiffrer leurs échanges sur le réseau, les rendant encore moins détectables.

Demain vous ferez interdire les sites de direct download via une loi ? Les internautes utiliseront des VPN à l’étranger et continueront. Vous ferez interdire les VPN par une loi ? Ils iront se cacher dans des session web tout à fait classiques. Vous mettrez un flic derrière (ou dans) chaque ordinateur via une loi ? Certains relanceront le marché de l’occasion pour un internet libre et gratuit. Le réseau a 10 ans d’avance sur ce que vous réfléchissez à faire. Réveillez-vous.

Vous avez participé au fait qu’internet soit devenu indispensable à l’humanité en le rendant marchand, maintenant il faut faire avec.

Si vous voulez avancer et comprendre comment tout ça fonctionne et comment l’exploiter, venez discuter avec les gens qui sont nés dans internet. On a l’air de se moquer de vous tout le temps mais on sait aussi discuter. Nous avons des choses à vous apprendre sur notre monde et vous en avez très certainement aussi à nous transmettre du votre.

Comme l’a fort bien dit jcfrog dans son interview donnée à Et-Demain “il y a une solution”, et je vous jure que ce n’est pas de taper sur un réseau qui n’est que la somme de ce que les gens en font. Nos boites email sont ouvertes !

HADOPI : Dépenser plus pour protéger plus ?

Attention, le chiffre va donner le vertige : PC INpact vient de dévoiler le montant nécessaire à la HADOPI pour identifier quotidiennement les 50 000 « pirates » qui recevront un courrier les sommant de stopper leur ignoble activité. La fourchette commence à 32 500 €. Oui, par jour ! Et dans la pire des hypothèse, on explose pour atteindre 425 000 €. Soit un budget de plus de 150 millions d’euros.

Non, il n’y a pas plus urgent en ces temps de crise. Oui, c’est pour votre bien (mais si mais si). Surtout, soyez tranquilles, au final, ce n’est pas du tout sur vous que cette charge financière monstrueuse retombera. Non non. Enfin on verra …

Source : PC Inpact