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Musique : Vive Pascal Nègre !

Il y a des matins comme ça, où on manque de s’étouffer en lisant un article.
Suite à un lien dégoté sur Twitter, je tombe sur une interview de Pascal Nègre accordée à TF1 News. Certes, TF1 (Star Ac et le JT de 13 h) + Pascal Nègre (Universal), ça sent le troll à plein nez. Et vous êtes loin du compte. Extraits choisis.

Lorsque j’ai commencé mon métier, le disque vivait quatre révolutions : l’arrivée du CD, les radios libres, la publicité télé, et la baisse de la TVA. Aujourd’hui, […] je vis de nouveau une révolution. La différence, c’est qu’à l’époque il n’y avait pas de piraterie.

Bon, déjà, piraterie est une nouvelle fois utilisé à tort. Mais surtout, on a un monument de mauvaise foi car les maisons de disques ont toujours hurlé au scandale à chaque changement. La cassette audio, le CD, les radios libres ont été accusées de précipiter l’industrie du disque dans le gouffre. Une technologie Y arrive sur le marché, ils hurlent. Quand la technologie Z débarque, c’est elle le nouveau démon à abattre et ils ont beau jeu de déclarer que Y était une technologie utile …

Plutôt que des brontosaures, on a peut-être été des pionniers. La manière dont on s’est adapté pourrait inspirer d’autres industries.

On pourrait arrêter là, car cette phrase est au top du pipotron. Les maisons de disques se sont adaptées ? Oui, en se débrouillant pour faire passer des lois ou ajouter des taxes qui ne font que perfuser un système qui n’est plus du tout adapté. Une offre légale ? Pourquoi faire ? D’après Pascal Nègre, si Deezer a peiné à décoller et si Jiwa (ou d’autres) se sont vautrés, c’est parce qu’ils étaient mauvais, pas parce que les droits exigés par des maisons de disques (qui n’en reversent pas beaucoup à leurs artistes) étaient démesurés.

Il a selon moi une seule parole juste dans toute cette interview, quand il dit qu’il est stupide de « pirater pour pirater ». Ce comportement, visible pour la musique ou pour les films, quand on sait qu’on ne pourra pas tout regarder ou tout voir, m’a toujours amusé. Cependant, il serait bon qu’on comprenne enfin que la musique, le cinéma, la peinture ou la littérature ne sont pas des biens comme peuvent l’être une chaise de bureau ou une cafetière.
Il est d’ailleurs tout à fait antinomique de parler d’industrie de la Culture, non ? À moins de vouloir la réserver à ceux qui peuvent se l’offrir, mais ça, c’est un autre débat.