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Espionnage : Le terrorisme a bon dos

Attention, ça va aller vite, ouvrez les yeux en grand* :


♻ @:  » Toute personne qui consultera des sites internet qui font l’apologie du terrorisme et de la violence sera punie pénalement »
@PtitLu
P’tit Lu

Vous avez vu ? Non ? Pourtant, en une phrase, lapidaire et conséquence immédiate des évènements venant tout juste de s’achever à Toulouse, Nicolas Sarkozy vient de dire qu’il va procéder à l’espionnage et la surveillance généralisée de ce que font les internautes. Car comment faire pour savoir qui consulte un site ? En regardant en temps réel ce que vous faites de votre connexion.

Quelque chose à cacher ? Terroriste !

Et ce n’est pas bien compliqué. La France a même un vrai talent en la matière puisque la société Amesys a fourni de quoi le faire en Libye. Pour se dédouaner, Amesys a depuis invoqué la traque des pédophiles, alors que ce qu’ils ont fourni à la Libye permettait de traquer l’intégralité des communications électroniques du pays. Le flicage des pédophiles fait recette, ici comme ailleurs.

Chez nous, depuis ce midi, c’est la chasse aux terroristes. Et ça va permettre de justifier des abandons de vie privée hallucinants. Préparez-vous à entendre :

les gens honnêtes n’ont rien à craindre, puisqu’ils n’ont rien à cacher

Quels journaux télévisés vont s’arrêter trente secondes sur la phrase qui ouvre ce billet et se demander si on n’a pas là une exploitation ignoble d’un évènement tragique qui s’avère bien pratique pour faire passer des lois qui vont clairement nous éloigner d’un État de Droit, pour glisser sur la pente de l’État Policier ?

Pour comparer, rappelez-vous de ce qu’avait dit Jens Stoltenberg, Premier Ministre de Norvège, après la tuerie d’Oslo (77 morts …) :

Le ou les terroristes ne vont pas nous détruire. Nous allons répondre à la terreur par plus de démocratie, plus d’ouverture et de tolérance

* Le tweet d’origine de l’Élsysée a depuis été supprimé. Pourtant, cette phrase a bien été prononcée par Nicolas Sarkozy.

Passage à Free Mobile : Check

Voilà c’est fait. Huit jours après mon inscription à Free Mobile, la carte SIM est dans mon smartphone. Bilan ? Tout marche bien.

La portabilité était annoncée pour 15 h 00 par Orange. Avant de couper le téléphone pour changer de carte, une dernière vérification m’indiquait bien la présence d’une antenne Free, sous le numéro 20815. Une fois la SIM Free Mobile insérée, les trois gros disparaissent totalement, remplacés par le réseau Free, seul disponible. J’en ai été le premier surpris : pas besoin d’être dans une grande ville pour avoir un « pur » réseau Free, c’est valable dans une ville moyenne d’Auvergne. Si ça se trouve, c’est même accessible aux mamies du Cantal …

Pour rendre votre téléphone compatible avec le réseau (réception de MMS, etc), c’est assez facile. Soit vous vous cassez le bol à suivre la procédure (bien détaillée) indiquée sur le site de Free Mobile, soit vous installez rapidement (via le wifi par exemple) une application dédiée qui va faire le boulot à votre place : MobileConfig. Dans tous les cas, vous devriez rapidement arriver à ceci et vous aurez alors le plaisir de voir s’afficher « Free » comme réseau utilisé. On évitera les jeux de mots sur « i’m free ». Le premier avantage que j’y vois, c’est de fracasser ma facture, en la divisant par beaucoup-plein avec des services multipliés d’autant. D’ailleurs, avec une 3G illimitée, autant faire quelques tests non ?

Transferts en 3G+ Free Mobile : SpeedTest sux

Bon, le titre est sans doute abusif, mais il met en évidence une chose : il faut être très prudent devant ses résultats. La version Android permet de faire des tests en WiFi ou 3G+, pour le ping, l’envoi ou la réception de données. Le tout sur des serveurs qu’on peut choisir à l’avance. Et c’est bien là que toutes les interprétations sont possibles.
En premier lieu, lors des tests en WiFi, j’obtenais des résultats très variables sur un même serveur, mais systématiquement 2 fois plus mauvais que ce que permet ma ligne ADSL, testée avec un ordinateur lui aussi en WiFi … Mais c’est en 3G+ que ça survient l’effet Yoyo. Comme vous pouvez le constater sur la capture ci-contre, ça part un peu dans tous les sens selon les serveurs.
Testé avec les serveurs SpeedTest installés à Paris, Lyon ou Roubaix, le ping varie du simple au triple et les vitesses d’envoi/réception du simple au double. Lors du premier test, l’upload était même deux fois plus rapide que le download (et même meilleur que sur l’ADSL).

Finalement ?

La carte SIM est arrivée dans les temps. J’ai sans doute eu de la chance, car quelques-uns ont vu leur dossier être mis KO par le combo de la mort : désimlock/RIO/migration/résiliation/activation/envoi (n’est-ce pas Gilles ?). Il faut dire que l’engouement a été énorme. Et je ne peux m’empêcher d’imaginer les concurrents se faire plaisir en résiliant super vite (bien plus que d’habitude), histoire de provoquer ces soucis de SIM en retard. Après tout, on parle du coup des déçus de Free Mobile en oubliant de parler de tous ceux qui vont économiser plusieurs centaines d’euros par an.
En ce qui concerne les débits, je vais attendre avant de me prononcer. La navigation sur les sites ne m’a pas semblé plus lente qu’avant et je ne vois pas l’intérêt de faire du BitTorrent sur mon téléphone. En revanche, je sais que je pourrais me servir ponctuellement de mon téléphone pour que mon portable puisse accéder à internet (et pas seulement au web …) lors de mes déplacements, le tout sans surveiller le chrono ou le volume de données. On peut ajouter à ça le fait que pour la voix, on peut appeler 30 minutes ou 8 heures, selon ses besoins du moment, en sachant que la facture ne changera pas et restera raisonnable.
Finalement, la vraie liberté, c’est sans doute ça.

Internet, filtrage et libertés à venir … ou à perdre

Filtrage, internet, censure, LOPPSI : joli cheptel de mots pas forcément compatibles et pourtant régulièrement à la Une ces derniers mois, dans les journaux spécialisés ou généralistes. Et si les premiers restent (très …) évasifs, les seconds tirent sans cesse la sonnette d’alarme. À juste titre, et je vous invite à consulter ce très bon billet de JM Planche pour avoir un point de vue technique mais aussi « éthique » sur ce qui nous pend au nez avec ce qui vient d’être publié à Journal Officiel.

Je ne ferai pas ici de politique. Enfin si, mais au sens large. C’est sans doute un « détail », mais j’ai tendance à penser qu’un Gouvernement, quel qu’il soit, qui utilise le premier prétexte venu, pour tenter de filtrer un media, est un Gouvernement dont il faut se méfier. Surtout quand ledit media peut (et doit) servir à tout un chacun pour donner son opinion et échanger avec d’autres citoyens. Bien entendu, un programme électoral ne se réduit pas à ça ; mais ce sera pour moi un élément primordial, car je ne pourrai pas faire confiance à quelqu’un qui ne pourra pas me promettre qu’il ne viendra pas me mettre des chaînes autour des mains ou entraver ma pensée. Le filtrage en amont, sans décision de justice, c’est le mal. Pour Internet comme pour les peuples. Le pire, c’est qu’on a des exemples par dizaines mais que « ils » persistent à nous faire croire que c’est positif …

Vie privée, réseaux sociaux et assurances

Je lis tellement d’infos qui me font bondir que j’ai parfois l’impression de vivre sur un trampoline. Mais là, j’ai crevé le plafond en découvrant cet article de WiredPRNews. En résumé et pour les non-anglophones, que dit-il ? Rien de bien compliqué ; c’est même effroyablement rapide à synthétiser. Des compagnies d’assurances réfléchissent à la possibilité d’utiliser vos publications sur les réseaux sociaux pour adapter le montant de la prime que vous allez payer.

Tu caches ton profil ? Tu vas pleurer sur la note.

L’idée a germé dans l’esprit (malade) d’une compagnie d’assurance auto pour, d’après, eux, mieux évaluer le risque que représente un client. Et pour évaluer ce risque, quoi de mieux que d’observer avec attention ce que le client publie à propos de lui sur internet ? J’imagine la scène :

Monsieur, vous avez posté plusieurs photos de Formule 1. Vous semblez aimer la vitesse, votre prime augmente donc de 15 %. Une blague à propos de l’alcool ? Hop, voilà une augmentation de 20 %, une photo de pizza ? Et vos 5 fruits et légumes ? Allez, +40 %, etc

Et si vous pensez qu’il suffit de rester discret pour être épargné, détrompez-vous. Là où l’idée est machiavélique, c’est que si votre profil n’est pas public, le tarif augmente obligatoirement. Logique non ? Si vous avez quelque chose à cacher à des organismes aussi intègres qu’une assurance privée, c’est assez louche pour justifier le tarif « coup de bambou ». Préparez-vous à avoir deux profils sur Facebook et Google+ : un privé pour être vous, et un public où vous racontez que jamais vous ne roulez trop vite et que vous allez à la messe après avoir regardé TF1 (mais sans zapper les pubs).

Et après, où va-t-on ?

Afin de poursuivre la réflexion (et comme souvent sur ce site), je vous invite à regarder en arrière, par le biais d’un petit texte d’anticipation.Il date de 2002 et s’intitule Alien Nation. Il est assez long et le début est un peu orienté sur l’informatique, mais le thème général est l’abandon progressif de nos libertés. L’extrait suivant est étonnant :

Tiens, un courrier de mon assurance. La vache ! 30% d’augmentation sur ma prime maladie ! Qu’est-ce qui leur prend ? Je n’ai pas été malade l’an passé. Récemment, j’ai eu un rhume bien costaud. Mais j’ai bien fait gaffe de ne pas acheter de médicament à rembourser, sinon ils auraient vu que j’étais malade. Mince, je parie que j’ai dû payer par carte bancaire.  L’andouille ! On m’avait pourtant prévenu que maintenant les banques avaient le droit de revendre leur fichier de CB. L’assurance a dû racheter la base : un petit coup de moulinette de data mining et de statistiques et paf ! +30% !
Ils ont dû voir « pharmacie St Paul » trois fois dans le même mois sur mes relevés. Et cela a dévoilé mon petit problème. Je m’en veux !

Bigrement d’actualité non ?

Ce texte n’est pas fait pour vous déprimer mais pour que vous soyez acteurs de votre futur et que tout cela reste de la pure fiction.

La dernière partie de la conclusion de l’auteur se révèle aujourd’hui dépassée, l’inquiétante fiction va être rattrapée par une réalité guidée par le profit. Alors, que fait-on ?

Accessibilité et captcha trop violent

Vous connaissez forcément les Captchas, ces ignobles images de vérification chargées de prouver que vous êtes un humain, et non un vilain robot spammeur. Souvent composé de lettres entremêlées, il peut aussi jouer sur les teintes, au grand dam des daltoniens et autres personnes ayant quelque difficulté avec les nuances de couleurs.

D’après Wikipedia, le captcha

est censé être composé des initiales de Completely Automated Public Turing test to Tell Computers and Humans Apart, soit en français, « test public de Turing complètement automatique ayant pour but de différencier les humains des ordinateurs ».

Un captcha de la mort !À chaque inscription sur un forum, on y a droit. Mais aujourd’hui, je crois avoir décroché la timbale ! Non seulement, il faut répondre à deux questions qui exigent forcément qu’on soit humain, mais le captcha est un monument de non lisibilité et malgré plusieurs rechargements, j’ai dû m’y reprendre à plusieurs fois pour obtenir le sésame. La preuve avec la capture présente sur la droite de ce billet.
On me répondra qu’un malvoyant ou un aveugle n’a rien à faire sur un forum dédié à la moto. Ha bon ? Et on leur interdit aussi les films et la lecture ? C’est bien de vouloir lutter contre le spam, mais à multiplier les barrières, il faut veiller à ne pas faire passer l’envie d’entrer. Les captchas c’est bien, en abuser ça craint …

Note aux admins du forum en question : je n’ai rien contre vous, je me doute bien que c’est SMF qui utilise ce système. Mais il est bien pourri.

La TimeLine Facebook profite a Google+

La guerre qui oppose Google+ à Facebook (ou plutôt Facebook contre tous les concurrents potentiels) risque de s’accélérer avec l’arrivée de la TimeLine. Depuis la présentation de ce qui est en passe de devenir le « journal [public] de votre vie », beaucoup d’utilisateurs de Facebook protestent. Non pas contre le seul look de la page d’accueil, mais contre le principe même de cette Timeline, qui permet à tout un chacun de consulter l’intégralité de ce qui a été publié sur Facebook : statuts, amitiés, goûts, etc. Ironique, mais symptomatique.

Facebook a-t-il dépassé les limites tacitement acceptées ?

Ironique car au final, ce qui apparaît dans cette TimeLine n’est composé que de ce que les utilisateurs ont bien voulu confier à Facebook. Du coup, certains se rendent compte qu’ils ont livré bien trop de choses sur le réseau social : humeurs, coups de gueule, photos, amitiés ou commentaires ironiques. Depuis quelques jours, je vois passer sur Facebook et sur les blogs des messages d’utilisateurs parfois déçus, mais plus souvent énervés par ce que Facebook est en train de devenir. Il ne faut certes pas être naïf : hier, Facebook n’était pas une entreprise philanthropique non plus. Mais là, on dirait que les gens ont dépassé le stade de l’acceptation passive et que voir leurs données ainsi exposées et monnayées contre de la pub les insupporte.

Les nouvelles fonctionnalités de Facebook, entravent à ma liberté d’action! Tout ce que l’on fait est disséqué, analysé, mis en pâture, à notre liste de contacts sans que l’on ne puisse s’y opposer! Je ne vois pas l’intéret de configurer nos paramètres de confidentialité, pour un tel résultat! De la dictature!!! Tout ce que je déteste!
Je pars donc sur Google+… par esprit de rébellion. Si nous décidons d’une journée de grève où chacun désactivera son profil durant 24H…. Les publicitaires qui paient cet espace à prix d’or risquent de ne pas apprécier « économiquement » parlant, la rentabilité nulle de celui ci. Facebook est gratuit pour les consommateurs que nous sommes, afin que les encarts publicitaires qui ornent nos pages soient vus et rentables au maximum et puissent se négocier à prix d’or pour Mr Zuckerberg.

Ce message a été repris à plusieurs endroits, et la récente ouverture à tous de Google+, associée à ces nouveautés de Facebook (certainement accélérées à cause de Google+), semble avoir été un élément déclencheur pour beaucoup. Reste à voir combien fermeront effectivement leur compte Facebook, ou cesseront de l’utiliser, mais la question intéressante est ailleurs.

Google+ moins effrayant que Facebook ?

La vie privée, un concept dont Google n’a jamais caché qu’il semblait désuet, comme le clamait Eric Schmidt récemment en déclarant que les gens devraient pouvoir changer d’identité à leur majorité pour « effacer » ce qu’ils avaient publié avant ça. Or, ce même Eric Schmidt, décidément prolifique quand il s’agit de sortir d’angoissantes énormités, avait également dit que Google devait nous dire quoi penser. Ajoutons à cela que l’empire Google couvre quasiment tous les domaines et que la télévision ou la téléphonie ne devraient plus tarder.
Quitter un Facebook devenu (publiquement) bien trop intrusif (et très très curieux) pour s’en remettre à Google, voilà qui peut sembler saugrenu. Un peu comme choisir entre la peste et le choléra ? Pas vraiment, car on peut y voir un début d’espoir : des citoyens éveillés qui commencent à comprendre l’intérêt du contrôle sur les éléments qu’on choisit, délibérément, de fournir à une entreprise, à commencer par son vrai nom.

Comme Facebook, Google « offre » ses services, contre de la publicité. D’un côté, cela fait fuir les gens. De l’autre, pas encore. Mais pour combien de temps ? Car j’ai plaisir à croire que les utilisateurs vont commencer à comprendre le bien fondé de la déclaration qui dit que

si vous ne payez pas pour obtenir quelque chose, vous n’êtes pas le client ; vous êtes la marchandise vendue.

Migration Free : Quel délai pour la Révolution ?

Après avoir écumé le Web à la recherche d’infos de personnes ayant vécu la douloureuse expérience d’un passage de la Freebox v5 à la v6 dite « Révolution », j’ai décidé de lancer un pari. Débile, car il n’y a rien à gagner et je ne joue finalement que contre moi, mais bon …

J’ai demandé un déménagement de ligne Free, au passage, la Freebox v5 est remplacée par la v6. Pour Free, un déménagement, cela revient à résilier puis réouvrir le compte. Pour la logique, on repassera. Pour le suivi aussi remarquez. Sur l’interface client, je suis actuellement bloqué sur la l’étape 5 :

Etape 5 – Votre Freebox est en cours d’envoi.

Il semble que, depuis quelque temps, cette étape reste active de longues semaines (jusqu’à 36 jours sur certains blogs) avant l’envoi effectif via UPS. En cours d’envoi depuis le 23 août, quand arrivera ma Freebox v6 ? Je table sur le 15 septembre. Qui dit mieux ?

Il a Free, il a du temps devant lui …

La barre d’adresse : Finalement pas inutile ?

Je ne sais pas qui a écrit cet article de News Republic ITEspresso (merci Pierre pour la remarque) concernant une arnaque au paiement des contraventions via le Web, mais une des phrases ferait se retourner Tim Berners-Lee dans sa tombe s’il était mort. L’article est ici, lisez-le, il pourra vous permettre d’informer vos connaissances de ce site monté pour s’intercaler entre l’État et le contribuable pour régler ses prunes, en prenant une commission au passage. Mais le souci n’est pas là.

Une barre d’adresse ? Mais pour quoi faire puisque Google existe …

En témoigne ce vilain tour joué aux utilisateurs les plus imprudents. Tout commence généralement par une recherche Google, l’internaute n’étant pas censé assimiler directement des URL et les saisir telles quelles dans la barre d’adresse.

Dites donc les internautes, si le courrier vous précisant qu’il va falloir passer à la caisse précise clairement sur quel site il faut se rendre, en mentionnant bien l’adresse à taper, c’est pour bouffer de l’encre ? Personnellement, les gens qui se font avoir par ce biais, j’ai presque tendance à ne pas les plaindre. Quand à la personne qui a osé écrire la phrase cités au-dessus, sachez que, justement, la barre d’adresse ne devrait pas être ignorée !

Dans la moindre pub, la marque donne bien l’adresse de son site (www.MaSuperLessive.fr), et d’après News Republic, c’est inutile. Un courrier officiel dit que pour payer en ligne, il faut aller sur www.amendes.gouv.fr et on cherche des excuses à ceux qui n’en tiennent pas compte ?
Les neuneus qui vont sur Google pour taper directement l’url du site à visiter et ensuite cliquer sur le premier lien sont les premières victimes de la simplification/complication propagée par les médias généralistes.
Je m’explique : on dit aux gens qu’il peuvent tous utiliser un ordinateur parce que c’est facile. Mais très vite, on leur donne une méthode, perfectible, notamment pour des utiliser internet. Et on leur dit bien de ne pas faire autrement, parce que, hou la la, c’est compliqué l’informatique. Hey, sérieusement, au lieu d’écrire que l’utilisateur ne devrait pas se soucier de la barre d’adresse, une ligne pour dire que cette barre est l’endroit où il faut taper l’adresse du site qu’on veut visiter plutôt que faire une recherche et perdre 10 secondes, ce ne serait pas plus simple ?

.xxx = $$$ ?

Le cul, ça attire l’argent, même quand tu ne veux pas en faire avec, et de manière … vicieuse.

C’est officiel depuis quelques mois, il sera possible d’obtenir un nom de domaine avec l’extension .xxx, explicite et permettant de s’assurer qu’on débarque bien sur un site coquin. Les tarifs pour obtenir un .xxx sont assez élevés car supérieurs à 80 € annuels quand un .com en coûte moins de 5. Mais le mieux dans cette affaire, c’est pour les entreprises ou particuliers qui souhaitent éviter de voir fleurir un .xxx sur un nom dont ils possèdent le .com ou le .fr.

Vider les bourses pour éviter de faire sucrer

Ayant, pour le travail, un nom de domaine (exemple : monsupersite.com) acheté via OVH, j’ai reçu un mail intéressant à ce sujet. Du 7 Septembre au 28 Octobre 2011 sera lancée la première phase d’attribution de l’extension .xxx : la phase de Sunrise. C’est une phase ouverte aux membres de l’industrie du divertissement pour adultes, mais aussi à tout propriétaire d’une marque enregistrée dans son pays.

Et c’est là que ça devient rigolo. Dans l’un des cas (Sunrise « B »), on peut demander un blocage. Cela veut dire que le nom de domaine ne pourra jamais être attribué avec le .xxx et donc que monsupersite.xxx ne verra jamais le jour. Pour ça, il faudra débourser la somme de 139 € HT ! Et ce blocage est garanti pour seulement 10 ans. Au vu du nombre de sites enregistrés par des marques connues, ou des blogs d’importance, on imagine sans peine la somme faramineuse qui va être engendrée par ces réservations de protection.
Parce qu’entre les squats de noms de domaine et une entreprise qui voudrait porter atteinte à ses concurrents de manière radicale, il va y avoir de la psychose dans l’air …

LOPPSI et filtrage, c’est parti

C’est fait, les Sénateurs ont adopté en seconde lecture l’article 4 de la loi LOPPSI 2. Il y a de nombreux sites qui expliquent les tenants et aboutissants de cet article, je vous laisse donc aller jeter un œil ici, ou encore .
En résumé : il sera désormais possible (enfin quand le décret sera publié, mais ça ira vite cette fois, j’en fais le pari) pour une autorité administrative d’exiger des fournisseurs d’accès qu’ils coupent l’accès pour leurs abonnés à un site donné, et ce, sans qu’un juge ait statué sur l’illégalité manifeste dudit site. C’est simple : « Bloquez ce site, on a décidé que les internautes français ne devaient pas pouvoir le lire, et la loi vous y oblige ». L’argument massue est bien connu, il faut lutter contre la pédopornographie.

En route vers la joie … de la censure

Là, forcément, la majorité des Français se ralliera à cette décision, car la pédopornographie, c’est un fléau. Certes, cette pratique est une abomination. Mais … très honnêtement, et sans vous baser sur des études officielles (et officiellement opaques), vous êtes déjà tombé sur un site pédophile par hasard vous ? En plusieurs années d’utilisation quotidienne et intensive du Web, je n’ai jamais été confronté à ce cas. Donc, à moins de le chercher, je ne vois pas comment un internaute (français ou ouzbek) pourrait voir s’afficher un site de cette nature.
Ce qui inquiète les gens soucieux de leurs libertés tout comme des vôtres, c’est qu’il suffit de regarder ailleurs pour comprendre l’issue d’une telle loi. Car sans l’intervention d’un juge, comment savoir si le site qu’on exige de bloquer est vraiment illégal ? On nous parle déjà sans sourciller d’un filtrage. Bientôt on dira « filtre pour votre  sécurité et celle de vos enfants », mais un mot plus court existe : censure. On ne pourra donc regarder que ce que des autorités (sans doutes très compétentes …) voudront bien nous laisser regarder.

Un dernier détail : vous pensez vraiment que les pédophiles, les terroristes, les néonazis, les [ajoutez ici tout ce qui peut faire frémir, à raison, le peuple] ont attendu l’éclosion d’internet pour sévir ? Et pensez-vous décemment que sans internet ils arrêteraient leurs activités ? La LOPPSI2 va poser un drap blanc sur votre connexion en clamant avoir nettoyé internet. Elle aura en réalité noué un bandeau sur vos yeux, et un bâillon sur les sites qui dérangent, mais qui ne dérangent pas ceux qu’on croit.