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Arnaque : La pêche au SMS sur Facebook

Tiens, une notification Facebook. Ho, un « ami » que je ne connais pas me demande de l’aider, dans un langage raccourci qui m’agace toutefois moins que l’absence de formule de politesse. Très vite, il me demande, pour l’aider, d’envoyer un SMS et de lui communiquer le code reçu. C’est gros comme procédé, n’est-ce pas ? Surtout que son profil Facebook (visible ici) fait régulièrement de la pub pour gagner un iPhone par le même procédé.

Google est d’ailleurs assez explicite à propos du numéro 81168, faisant clairement remonter que c’est une arnaque. Le premier lien donne plusieurs exemples et même un tarif (9 € la blague !), qui se ressemblent tous et semblent être des clones de celui auquel j’ai droit. Le profil en question a été manifestement piraté, mais surveillez ce numéro à contacter, car le 81168 est apparemment protéiforme et capable d’apparaitre un peu partout.
Allez, pour le fun, une rapide copie de la conversation.

Question : on peut les signaler ? Comment et à qui ?

Vie privée, réseaux sociaux et assurances

Je lis tellement d’infos qui me font bondir que j’ai parfois l’impression de vivre sur un trampoline. Mais là, j’ai crevé le plafond en découvrant cet article de WiredPRNews. En résumé et pour les non-anglophones, que dit-il ? Rien de bien compliqué ; c’est même effroyablement rapide à synthétiser. Des compagnies d’assurances réfléchissent à la possibilité d’utiliser vos publications sur les réseaux sociaux pour adapter le montant de la prime que vous allez payer.

Tu caches ton profil ? Tu vas pleurer sur la note.

L’idée a germé dans l’esprit (malade) d’une compagnie d’assurance auto pour, d’après, eux, mieux évaluer le risque que représente un client. Et pour évaluer ce risque, quoi de mieux que d’observer avec attention ce que le client publie à propos de lui sur internet ? J’imagine la scène :

Monsieur, vous avez posté plusieurs photos de Formule 1. Vous semblez aimer la vitesse, votre prime augmente donc de 15 %. Une blague à propos de l’alcool ? Hop, voilà une augmentation de 20 %, une photo de pizza ? Et vos 5 fruits et légumes ? Allez, +40 %, etc

Et si vous pensez qu’il suffit de rester discret pour être épargné, détrompez-vous. Là où l’idée est machiavélique, c’est que si votre profil n’est pas public, le tarif augmente obligatoirement. Logique non ? Si vous avez quelque chose à cacher à des organismes aussi intègres qu’une assurance privée, c’est assez louche pour justifier le tarif « coup de bambou ». Préparez-vous à avoir deux profils sur Facebook et Google+ : un privé pour être vous, et un public où vous racontez que jamais vous ne roulez trop vite et que vous allez à la messe après avoir regardé TF1 (mais sans zapper les pubs).

Et après, où va-t-on ?

Afin de poursuivre la réflexion (et comme souvent sur ce site), je vous invite à regarder en arrière, par le biais d’un petit texte d’anticipation.Il date de 2002 et s’intitule Alien Nation. Il est assez long et le début est un peu orienté sur l’informatique, mais le thème général est l’abandon progressif de nos libertés. L’extrait suivant est étonnant :

Tiens, un courrier de mon assurance. La vache ! 30% d’augmentation sur ma prime maladie ! Qu’est-ce qui leur prend ? Je n’ai pas été malade l’an passé. Récemment, j’ai eu un rhume bien costaud. Mais j’ai bien fait gaffe de ne pas acheter de médicament à rembourser, sinon ils auraient vu que j’étais malade. Mince, je parie que j’ai dû payer par carte bancaire.  L’andouille ! On m’avait pourtant prévenu que maintenant les banques avaient le droit de revendre leur fichier de CB. L’assurance a dû racheter la base : un petit coup de moulinette de data mining et de statistiques et paf ! +30% !
Ils ont dû voir « pharmacie St Paul » trois fois dans le même mois sur mes relevés. Et cela a dévoilé mon petit problème. Je m’en veux !

Bigrement d’actualité non ?

Ce texte n’est pas fait pour vous déprimer mais pour que vous soyez acteurs de votre futur et que tout cela reste de la pure fiction.

La dernière partie de la conclusion de l’auteur se révèle aujourd’hui dépassée, l’inquiétante fiction va être rattrapée par une réalité guidée par le profit. Alors, que fait-on ?

La sucette qui éveille les consciences

Vous ne pensez pas laisser beaucoup d’infos personnelles sur Facebook et autres réseaux sociaux ? Vous le faites mais de toute manière, « ça ne craint rien » ? Et si une vidéo pouvait commencer à vous faire prendre conscience, que finalement, ça peut parfois ne pas être sans conséquence ?

Take that Lollipop …

Comme l’a justement écrit Pingouin Grincheux sur Google+ :

Allez faire un tour sur www.Takethislollipop.com, un site qui utilise vos informations Facebook pour générer une vidéo personnalisée. Une vraie prise de conscience sur la manière dont certains réseaux sociaux emmagasinent des données sur nous, parfois à notre insu, mais souvent en usant de notre crédulité et de notre pseudo naïveté.

J’ai fait le test, en sachant pertinemment que ce qui est présent à mon propos sur Facebook ne présente guère de risque car je filtre beaucoup. Mais faites le test. L’application demande quelques droits mais n’en fait rien après la vidéo. Au pire, faites comme moi : supprimez-lui ensuite les accès en allant sur cette page.
Vous pensez vraiment ne rien dévoiler qui puisse être utilisé à mauvais escient sur Internet ? C’est certain ? Car si l’exemple ici choisi est volontairement extrême, il ne doit pas faire perdre de vue que ce qu’on publie finit toujours par être utile à quelqu’un à qui ça n’était pas destiné. Et ce que lui veut en faire …

Allez, on redéfinit ses paramètres de partage et surtout, on évite de publier n’importe quoi. Une vie en ligne, c’est comme hors ligne : ça se contrôle autant que possible 😉

La TimeLine Facebook profite a Google+

La guerre qui oppose Google+ à Facebook (ou plutôt Facebook contre tous les concurrents potentiels) risque de s’accélérer avec l’arrivée de la TimeLine. Depuis la présentation de ce qui est en passe de devenir le « journal [public] de votre vie », beaucoup d’utilisateurs de Facebook protestent. Non pas contre le seul look de la page d’accueil, mais contre le principe même de cette Timeline, qui permet à tout un chacun de consulter l’intégralité de ce qui a été publié sur Facebook : statuts, amitiés, goûts, etc. Ironique, mais symptomatique.

Facebook a-t-il dépassé les limites tacitement acceptées ?

Ironique car au final, ce qui apparaît dans cette TimeLine n’est composé que de ce que les utilisateurs ont bien voulu confier à Facebook. Du coup, certains se rendent compte qu’ils ont livré bien trop de choses sur le réseau social : humeurs, coups de gueule, photos, amitiés ou commentaires ironiques. Depuis quelques jours, je vois passer sur Facebook et sur les blogs des messages d’utilisateurs parfois déçus, mais plus souvent énervés par ce que Facebook est en train de devenir. Il ne faut certes pas être naïf : hier, Facebook n’était pas une entreprise philanthropique non plus. Mais là, on dirait que les gens ont dépassé le stade de l’acceptation passive et que voir leurs données ainsi exposées et monnayées contre de la pub les insupporte.

Les nouvelles fonctionnalités de Facebook, entravent à ma liberté d’action! Tout ce que l’on fait est disséqué, analysé, mis en pâture, à notre liste de contacts sans que l’on ne puisse s’y opposer! Je ne vois pas l’intéret de configurer nos paramètres de confidentialité, pour un tel résultat! De la dictature!!! Tout ce que je déteste!
Je pars donc sur Google+… par esprit de rébellion. Si nous décidons d’une journée de grève où chacun désactivera son profil durant 24H…. Les publicitaires qui paient cet espace à prix d’or risquent de ne pas apprécier « économiquement » parlant, la rentabilité nulle de celui ci. Facebook est gratuit pour les consommateurs que nous sommes, afin que les encarts publicitaires qui ornent nos pages soient vus et rentables au maximum et puissent se négocier à prix d’or pour Mr Zuckerberg.

Ce message a été repris à plusieurs endroits, et la récente ouverture à tous de Google+, associée à ces nouveautés de Facebook (certainement accélérées à cause de Google+), semble avoir été un élément déclencheur pour beaucoup. Reste à voir combien fermeront effectivement leur compte Facebook, ou cesseront de l’utiliser, mais la question intéressante est ailleurs.

Google+ moins effrayant que Facebook ?

La vie privée, un concept dont Google n’a jamais caché qu’il semblait désuet, comme le clamait Eric Schmidt récemment en déclarant que les gens devraient pouvoir changer d’identité à leur majorité pour « effacer » ce qu’ils avaient publié avant ça. Or, ce même Eric Schmidt, décidément prolifique quand il s’agit de sortir d’angoissantes énormités, avait également dit que Google devait nous dire quoi penser. Ajoutons à cela que l’empire Google couvre quasiment tous les domaines et que la télévision ou la téléphonie ne devraient plus tarder.
Quitter un Facebook devenu (publiquement) bien trop intrusif (et très très curieux) pour s’en remettre à Google, voilà qui peut sembler saugrenu. Un peu comme choisir entre la peste et le choléra ? Pas vraiment, car on peut y voir un début d’espoir : des citoyens éveillés qui commencent à comprendre l’intérêt du contrôle sur les éléments qu’on choisit, délibérément, de fournir à une entreprise, à commencer par son vrai nom.

Comme Facebook, Google « offre » ses services, contre de la publicité. D’un côté, cela fait fuir les gens. De l’autre, pas encore. Mais pour combien de temps ? Car j’ai plaisir à croire que les utilisateurs vont commencer à comprendre le bien fondé de la déclaration qui dit que

si vous ne payez pas pour obtenir quelque chose, vous n’êtes pas le client ; vous êtes la marchandise vendue.

Facebook, Google+ et la fin des pseudos ?

Utilise-t-on forcément un pseudo pour être anonyme ?

Après les premières alertes lancées sur Facebook, c’est au tour de Google+ de mettre le paquet pour stopper les comptes ouverts sous un pseudonyme et non son vrai nom civil. Korben vient de faire les frais de cette purge, et de très nombreux blogs font état de pareilles mésaventures un peu partout. Comme je l’ai déjà dit (sur Google+ d’ailleurs), personnellement, j’ai du mal à comprendre l’intérêt de la chose. Mon vrai nom n’est pas bien compliqué à trouver, mais si je préfère être présent sur les réseaux sociaux sous « P’tit Lu » ou autre, en quoi ça les dérange vraiment ? 95 % de mes contacts du « monde réel » m’appellent par ce nom là, voire ne me connaissent que sous celui-ci.
L’argument de « se cacher derrière un pseudo » est pour la plupart des gens inadapté. Passé l’âge de 15 ans, beaucoup de ceux qui gardent leur pseudo le font pour une toute autre raison que « j’suis un rebelle, j’me cache derrière un sobriquet, on me retrouvera jamais » … Si Google et Facebook veulent me bombarder de publicités contextuelles, je ne vois pas en quoi un sobriquet leur sera moins utile qu’un nom civil. Après tout, si un chanteur céléèbre veut s’inscrire sur Google+, il peut le faire sous son pseudonyme, sans devoir afficher son vrai nom n’est-ce pas ?

Certains auraient même vus leurs compte Picasa et GMail bloqués pour ces raisons. J’attends de voir combien de temps mes comptes vont tenir. Je vous tiendrai informés …

Radars et sécurité routière : 45 vies sauvées pour justifier la surveillance ?

Une fois n’est pas coutume, je cite un pan entier de l’édito de l’excellente revue de presse de Laurent, sur lesmotards.com. Il joue de la division pour démontrer à quel point les radars de tronçons seront non seulement peu efficaces mais cachent surtout un système quelque peu inquiétant et sécuritaire sous des apparences de sécurité.

Donc, outre le flicage de plaques et la haute technologie (reconnaissance de forme tout de même), on y apprend que moins de 5% des accidents ont lieu sur autoroute. Problème de math : sachant que, sur autoroute, 4 morts sur dix est un piéton, que globalement le facteur vitesse est présent dans 30% des accidents, combien de vies au maximum la haute technologie des radars tronçons peut-elle sauver ?
Résolution (oui on est revenu à l’école, youpi j’ai 10 ans). 4500 morts à la louche, moins de 5% ça fait 225, je retranche les 40% de piétons ça fait 135, je prends le tiers 45 ! Super : on va sortir les dernières technologies des systèmes d’information, on va nous fliquer comme jamais (avec la plaque on sait qui passe où et à quelle heure), pour épargner si le dispositif répressif à 100% efficace (ce qui est forcément faux !) 45 vies en étant optimiste. Vous me direz : mais de quoi il se plaint, c’est un fou, si c’est son enfant qui meurt dans les 45, etc. etc. A 10 000 à 20 000 accidents mortels postopératoires, 10 000 par les anti inflammatoires selon certaines sources, 40 000 arrêts cardiaques que l’on pourrait réduire de moitié si l’on a un bon taux d’équipement de défibrillateurs, plus de 10 000 suicides, elle est où la logique ? Et pendant ce temps certains nous amusent pour savoir dans quel sens on coupe les sandwiches ou si la tête d’un tel est catholique ou pas (oui je sais, c’est un poil polémiste, mais avouez, par rapport au nombre de morts sus cité, c’est quoi la priorité ?). On se calme …

Car comme il le précise bien, que deviendront les données enregistrées par ces caméras qui filment en permanence la route et savent qui passe sur telle route, à telle heure ? Après tout, une plaque est nominative, puisque rattachée à UN véhicule. La CNIL s’est-elle prononcée ?
Question à creuser, ce qui sera bientôt fait.