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Achetons tout or, vaseline offerte

Vous n’avez pas pu manquer les innombrables spots de pub où différents organismes se proposent de vous racheter votre vieil or tout pourri (à les croire) pour vous permettre de payer le loyer ou partir en vacances. Ils ne mentionnent malheureusement pas leurs tarifs de rachat. Mais hier, en passant devant une bijouterie, j’ai vu une affiche semblable, qui indiquait le montant : 16,5 € du gramme. C’est peu ? Assurément.

Pas le même cours pour tout le monde

Actuellement, l’once d’or oscille autour de 1 820 dollars. Pour rappel, une once d’or pur pèse (à peu près) 31 grammes. Ça commence à faire tilt ? Avec un kilogramme d’or pur qui s’échange aujourd’hui contre 40 562 €, votre bijoutier vous en propose moins de 50 %. Il argumentera en disant que l’or de la bague de Mémé que vous essayez de refourguer n’est pas pur (sinon il se déformerait trop), mais tout de même …

Une dernière chose : beaucoup de monde dit qu’en temps de crise, l’or devient une valeur refuge, contrairement aux monnaies. Des sociétés dépensent des millions dans des campagnes publicitaires pour amasser un maximum d’or contre du menu fretin ; on reste optimistes longtemps ?

Taxe pro disparue ? Pas grave …

La disparition de la taxe pro a fait couler beaucoup d’encre. Quand certains se glorifiaient de la suppression d’une taxe « qui pèse beaucoup sur les petites entreprises » et nuit à la compétitivité, d’autres se sont interrogés. En effet, cette taxe alimentait les caisses des collectivités territoriales. Elles représentait une part non négligeable, jusqu’à 50 % du budget annuel pour certaines.
Comme il faut bien équilibrer les comptes, et que les comptables ont autant horreur du vide que la Nature, une taxe ne disparait jamais vraiment. Sans faire de cours d’Économie car telle n’est pas mon ambition, voici un exemple concret, à travers un courrier (un vrai, pas électronique) récemment reçu et concernant la Taxe Locale sur la Publicité Extérieure (TLPE).

À partir du janvier 2011, seront taxés les « supports publicitaires, enseignes et pré-enseignes (numériques ou non) visibles d’une voie ouverte à la circulation publique ». En bref, l’enseigne indiquant le nom de votre magasin est assujettie à une taxe dont le montant est désormais définie par chaque commune. Dans notre cas, l’enseigne indiquant l’emplacement des bureaux de notre société d’édition, mais cela concerne bien entendu les gigantesques enseignes des grandes surfaces ou … les affiches de 4×3. Le texte est suffisamment fourbe bien fait pour que peu d’éléments échappent à la taxe.
Soucieuses de ne pas assommer les PME, certaines communes exonèreront sans doute en-deçà d’une certaine surface d’affichage, mais rien n’est obligatoire. Derrière le délicieux argument de la « limitation de la prolifération de l’affichage publicitaire », cette taxe vise à renflouer des caisses vides, mais cette fois sans le clamer dans tous les media. La taxe en question est dûe chaque année, selon la surface de pub. Dans notre ville, le tableau est disponible jusqu’en 2013, où le montant à percevoir aura déjà augmenté de 40 % par rapport à 2011 !
Eh oui, en France, même quand les PME − qui sont supposées relancer la croissance − peinent à garder la tête hors de l’eau, on ne manque pas d’idées pour lester la ceinture de plomb. Mais pour cette partie de la chose, on ne le dit pas trop, c’est moins reluisant.

N.B. : Je ne jette pas la pierre aux communes, qui font ce qu’elles peuvent pour combler le manque à gagner et qui ont été mises devant le fait accompli.

EDF : Les prolos payent Proglio ?

On apprend ce matin sur le site du journal Les Echos que la Direction d’EDF envisage d’augmenter les tarifs de l’électricité de 24 % entre 2010 et 2015. Officiellement, pour financer des investissements. Difficile de ne pas sourire (jaune) lorsque cette annonce intervient alors que le salaire accordé à Henri Proglio fait tant parler.

Rappelons tout de même cette superbe phrase de Jean-François Copé (UMP) lorsque la somme de 1,6 millions d’euros versés annuellement à Proglio, soit une augmentation de 40 % par rapport à son prédécesseur :

Il faut être à contre-courant, c’est courageux

En effet, quelle preuve de courage que de s’octroyer un tel salaire, quelle preuve d’abnégation, le tout financé par la clientèle !
Notez que ça « paye », puisque l’action d’EDF gagne près de 1 % ce matin après l’annonce de cette hausse des prix. Pour l’explosion des tarifs, qui doit encore être approuvée par le gouvernement (elle le sera, soyez sans crainte), ne criez pas au scandale, c’est seulement la conséquence de la crise et pour rester compétitifs sur le marché mondial