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Moto2 : La chute de Tomizawa pouvait-elle être évitée ?

Loin de moi l’idée de discuter de la qualité des soins apportés à Tomizawa après sa chute, sur la rapidité (ou non) des secours, car je ne suis pas apte à juger de ça et je suis persuadé que les dizaines de médecins qui se sont occupés de lui ont fait tout ce qui était possible.

En revanche, quand on regarde la vidéo de la chute en elle-même,on voit que Tomizawa perd le contrôle de sa moto dans une glisse de la roue arrière. Cette glisse a été provoquée par la bande verte située juste après le vibreur. Or ces bandes sont un gazon synthétique disposé normalement pour les courses de voiture. Elles sont tellement glissantes que lors des journées d’entrainement libres sur circuit (à Magny-Cours par exemple), au briefing, le mot d’ordre est répété plusieurs fois : « ne mettez pas les roues dessus, c’est la chute assurée ! »
Mais en course, à la réaccelélération, une roue arrière peut aller visiter l’extérieur du vibreur. Quand c’est de la terre, ça secoue, on perd un peu de temps, et on se remet en course. Avec ces bandes synthétiques, on glisse ou on se fait éjecter. Avec ce dimanche des conséquences dramatiques. À mon sens le premier souci est à chercher ici.

Pour les débats sur l’intervention des secours ou savoir si le drapeau rouge aurait changé quelque chose, ils sont accessoires : au moment de choisir le drapeau jaune ou rouge, Shoya Tomizawa était déjà perdu, pour un bout de synthétique placé pour satisfaire aux normes de la FIA. A pour automobile, quand des motos tournent sur le même circuit.

Une dernière chose, mais elle était prévisible : ceux qui hurlent au scandale en disant que « ça finirait bien par arriver » pour cause de nombre de pilote trop élevés, voire de « motos dangereuses car mal inréglables » (les forums regorgent d’ingénieurs qui savent mieux que les vrais …) feraient mieux de se taire. Les chutes collectives qui ont déjà eu lieu n’ont jamais causé de graves blessures. En l’occurrence, cette chute a impliqué trois pilotes qui … faisaient la course. Oui, incroyable, sur piste et dans un championnat du monde, les pilotes roulent proches les un des autres. Ça peut donc arriver que quand le premier de la file tombe, les suivants le percutent, que le nombre au départ ait été de 17 pilotes comme sur la grille famélique en MotoGP ou de 40 comme en Moto2 (ou en Supersport avant la disette induite par … le Moto2).

En revanche, on peut effectivement se demander si le port d’une combinaison à airbag protégeant le thorax n’aurait pas minimisé les lésions lors des impacts. C’est sans doute sur ce point que devraient se pencher les commissions de sécurité. Et bon sang, virez ces zones de gazon artificiel horriblement glissantes !