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Ces terroristes d’Anonymous

TF1 et Christophe Barbier l’avaient laissé entendre, on en a désormais la certitude : les Anonymous sont des terroristes ! Si si, j’en veux pour preuve qu’un homme vient de passer 60 heures en garde à vue car son site redirigeait vers un serveur IRC (un serveur de chat en direct)du collectif..

Censurer un site efface-t-il les causes de la protestation ?

Cette incroyable info est révélée par PC INpact (une fois de plus !). Le propriétaire du site explique :

je ferme le service de redirection jusqu’à la fin de la procédure. J’ai besoin de fumer, après 60 heures de garde à vue par la DCRI et un juge français.

Vous avez bien lu : il a été arrêté et interrogé par des gens chargés de la Sécurité du Territoire. De la même manière que vous le seriez si vous projetiez un attentat ou étiez au cœur d’un important complot. Faut-il en déduire que les Anonymous sont pris tellement au sérieux par l’État qu’il est interdit d’en faire mention ? Un simple lien permet aux gens curieux d’aller s’informer, pas d’adhérer à l’intégralité de la démarche. Il permet de se faire son idée pour ensuite agir, ou non, selon ses propres souhaits.

À l’avenir, doit-on craindre que le simple fait de parler d’eux ou de rediriger vers propos des Anonymous entraînera un passage au poste pour subversion ?

Ha, je vous laisse, on frappe à la porte …

Un bel exemple de censure avec la Hadopi et LCP

Hier, Numerama indiquait que LCP (La Chaine Parlementaire, canal 13 sur la TNT) avait publié une vidéo expliquant que les députés avaient ridiculé la HADOPI. De manière finalement peu surprenante, cette vidéo a été rendue inaccessible, avant de revenir, plus longue et sous une forme différente, modifiant la conclusion. D’ailleurs, même le titre à changé, passant de Hadopi ridiculisée par les députés à Hadopi a présenté son premier rapport d’activité à l’Assemblée.

Si là, on n’est pas dans le cadre de la censure, je n’y connais plus rien. À moins que LCP ne dise que la première version était une version non finalisée mise en ligne par un stagiaire qui a fait une bourde.
Cette institution, qui ponctionne des millions d’euros au nom de la protection de la Culture, semble avoir du mal avec la liberté d’expression. Apparemment, la démocratie, c’est de moins en moins « cause toujours » et chaque jour un peu plus « ferme ta gueule ».

La censure, fourbe et insidieuse

Le dernier billet du blog BD de Martin Vidberg laisse un goût amer. Alors qu’il participait à un festival de jeux de société, le dessinateur (qui a apporté sa patte graphique à l’un d’eux) apprenait que le jeu pour lequel il venait était … interdit. Oui, on a interdit à un jeu de société d’être présent à un festival. Pas un jeu porno ou raciste hein, il est même possible d’y jouer à partir de 12 ans. Non, là c’est autre chose qui dérange. Mais quoi ?

Une censure qui ne dit pas son nom

Ce jeu permet d’incarner un homme (ou une femme) politique en campagne, qui doit rapporter le maximum de voix. Superbe coup médiatique, il a été nommé Casse’toi pov’ con par son créateur Ludovic Maublanc et Martin Vidberg a bien évidemment centré les illustrations sur l’auteur de la phrase, Nicolas Sarkozy. Comme le raconte Martin Vidberg, alors que France 3 était présent sur l’évènement et comptait parler du jeu, l’organisateur du festival a été informé que si la dédicace avait lieu ou que le jeu passait à la télévision, les subventions de la mairie seraient supprimées. La belle affaire, on met en jeu de l’argent pour faire taire.
Mais pourquoi donc ? En quoi un jeu, dont seul le nom est parodique, doit-il ainsi être caché ? France 3 confirme cette version, tandis que le Maire de Saint Apollinaire déclare, lui, que le jeu était présent dans les allées durant deux jours, qu’il lui a même été présenté et qu’aucune pression n’a été faite. Comme toujours, deux versions, donc au moins un menteur.

J’ai peine à croire qu’un organisateur de festival, un créateur de jeu, un illustrateur et deux journalistes se soient donnés le mot alors que c’est un petit jeu dans un petit festival se tenant dans une petite ville. En revanche, que quelqu’un à la mairie ait décidé, sans même recevoir de consigne extérieure, que ce jeu ne devait pas être vu, ça, c’est moins surprenant, mais inquiétant.
Inquiétant car c’est à mon avis la pire des censures : celle qu’on applique parce qu’on pense qu’on doit le faire, parce qu’on est certain que ça serait demandé de toute façon. Hey Monsieur Rémi Delatte, ce n’est pas parce que vous faites partie de l’UMP qu’il faut tenter de devancer les hypothétiques désirs d’une personne que vous imaginez blessée par ce jeu ! Vous avez déjà entendu parler de l’effet Streisand ? À vouloir cacher quelque chose, on lui donne subitement bien plus d’exposition que si l’on n’avait rien fait. Si des visiteurs de ce festival pouvaient nous dire si oui ou non le jeu Casse-toi pov’ con était présent sur un stand ou s’il était effectivement interdit, ce serait intéressant.

Personnellement, je vais de ce pas envoyer un courrier à Rémi Delatte, pour lui expliquer en quoi son action contre ce jeu me choque. Pour lui écrire, c’est par ici.
Il devrait être à l’écoute. Après tout, il vient de publier un ouvrage dont le titre est « Un député à vos côtés ». Non ?

LOPPSI et filtrage, c’est parti

C’est fait, les Sénateurs ont adopté en seconde lecture l’article 4 de la loi LOPPSI 2. Il y a de nombreux sites qui expliquent les tenants et aboutissants de cet article, je vous laisse donc aller jeter un œil ici, ou encore .
En résumé : il sera désormais possible (enfin quand le décret sera publié, mais ça ira vite cette fois, j’en fais le pari) pour une autorité administrative d’exiger des fournisseurs d’accès qu’ils coupent l’accès pour leurs abonnés à un site donné, et ce, sans qu’un juge ait statué sur l’illégalité manifeste dudit site. C’est simple : « Bloquez ce site, on a décidé que les internautes français ne devaient pas pouvoir le lire, et la loi vous y oblige ». L’argument massue est bien connu, il faut lutter contre la pédopornographie.

En route vers la joie … de la censure

Là, forcément, la majorité des Français se ralliera à cette décision, car la pédopornographie, c’est un fléau. Certes, cette pratique est une abomination. Mais … très honnêtement, et sans vous baser sur des études officielles (et officiellement opaques), vous êtes déjà tombé sur un site pédophile par hasard vous ? En plusieurs années d’utilisation quotidienne et intensive du Web, je n’ai jamais été confronté à ce cas. Donc, à moins de le chercher, je ne vois pas comment un internaute (français ou ouzbek) pourrait voir s’afficher un site de cette nature.
Ce qui inquiète les gens soucieux de leurs libertés tout comme des vôtres, c’est qu’il suffit de regarder ailleurs pour comprendre l’issue d’une telle loi. Car sans l’intervention d’un juge, comment savoir si le site qu’on exige de bloquer est vraiment illégal ? On nous parle déjà sans sourciller d’un filtrage. Bientôt on dira « filtre pour votre  sécurité et celle de vos enfants », mais un mot plus court existe : censure. On ne pourra donc regarder que ce que des autorités (sans doutes très compétentes …) voudront bien nous laisser regarder.

Un dernier détail : vous pensez vraiment que les pédophiles, les terroristes, les néonazis, les [ajoutez ici tout ce qui peut faire frémir, à raison, le peuple] ont attendu l’éclosion d’internet pour sévir ? Et pensez-vous décemment que sans internet ils arrêteraient leurs activités ? La LOPPSI2 va poser un drap blanc sur votre connexion en clamant avoir nettoyé internet. Elle aura en réalité noué un bandeau sur vos yeux, et un bâillon sur les sites qui dérangent, mais qui ne dérangent pas ceux qu’on croit.

Modération de liens sur les forums : Où commence la censure ?

Suppression sans bonne raison, ruine de l’honnêteté ?

Il y a du nouveau, à lire ici.

Le 12 novembre, j’ai publié sur L’Équipement.fr un article qui a beaucoup tourné dans le milieu motard. Cette interview du dirigeant d’une société en délicatesse avec beaucoup de ses clients semblait être assez informative pour que plusieurs personnes mettent des liens pointant vers celle-ci, liens qu’on peut voir en analysant les provenances de nos visiteurs.

Avant ...

Hier soir, nous avons constaté que de nombreux lecteurs étaient venus via les forums de notre ancienne rédaction. Soit, des liens vers leur site sont également visibles sur nos propres forums. J’ai toutefois été très étonné ce midi de constater que ledit lien avait sauté. Un lien effacé parce qu’on ne veut pas nous renvoyer de visiteurs ? On aurait pu le croire mais la raison affichée est encore plus surprenante.

... Après. Motif invoqué pour la suppression du lien vers notre site.

Comme indiqué par l’auteur, ce lien est un parmi tant d’autres, car les soucis de la société PS-Performance ne sont pas un secret sur Internet. De plus, notre interview a été faite (c’est pourtant évident non ?) avec l’accord du dirigeant que nous avions contacté. J’ai donc du mal à saisir la raison invoquée : raison juridique.

Ayant été banni dudit forum suite à mon départ, je ne peux pas aller demander des explications, mais je serais curieux de savoir ce qui a vraiment motivé cette suppression quelque peu cavalière. Or, dans mon dictionnaire, effacer quelque chose et empêcher les gens d’y avoir accès, au seul motif que ça ne nous convient pas, ce n’est pas de la modération, c’est simplement de la censure.
Si seulement la « raison juridique » était clairement donnée, j’aurais presque pu comprendre (et encore …), mais là, ils auraient aussi bien pu indiquer « parce que ! », le résultat aurait été le même.

Mise à jour du 03 décembre : après la publication d’un nouvel article sur le sujet, ça s’arrange …

Le message est à présent très clair ... Mais où est le souci juridique ?

Merci à Fat Boy Jim pour m’avoir signalé cette modération censure.