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Vie privée, réseaux sociaux et assurances

Je lis tellement d’infos qui me font bondir que j’ai parfois l’impression de vivre sur un trampoline. Mais là, j’ai crevé le plafond en découvrant cet article de WiredPRNews. En résumé et pour les non-anglophones, que dit-il ? Rien de bien compliqué ; c’est même effroyablement rapide à synthétiser. Des compagnies d’assurances réfléchissent à la possibilité d’utiliser vos publications sur les réseaux sociaux pour adapter le montant de la prime que vous allez payer.

Tu caches ton profil ? Tu vas pleurer sur la note.

L’idée a germé dans l’esprit (malade) d’une compagnie d’assurance auto pour, d’après, eux, mieux évaluer le risque que représente un client. Et pour évaluer ce risque, quoi de mieux que d’observer avec attention ce que le client publie à propos de lui sur internet ? J’imagine la scène :

Monsieur, vous avez posté plusieurs photos de Formule 1. Vous semblez aimer la vitesse, votre prime augmente donc de 15 %. Une blague à propos de l’alcool ? Hop, voilà une augmentation de 20 %, une photo de pizza ? Et vos 5 fruits et légumes ? Allez, +40 %, etc

Et si vous pensez qu’il suffit de rester discret pour être épargné, détrompez-vous. Là où l’idée est machiavélique, c’est que si votre profil n’est pas public, le tarif augmente obligatoirement. Logique non ? Si vous avez quelque chose à cacher à des organismes aussi intègres qu’une assurance privée, c’est assez louche pour justifier le tarif « coup de bambou ». Préparez-vous à avoir deux profils sur Facebook et Google+ : un privé pour être vous, et un public où vous racontez que jamais vous ne roulez trop vite et que vous allez à la messe après avoir regardé TF1 (mais sans zapper les pubs).

Et après, où va-t-on ?

Afin de poursuivre la réflexion (et comme souvent sur ce site), je vous invite à regarder en arrière, par le biais d’un petit texte d’anticipation.Il date de 2002 et s’intitule Alien Nation. Il est assez long et le début est un peu orienté sur l’informatique, mais le thème général est l’abandon progressif de nos libertés. L’extrait suivant est étonnant :

Tiens, un courrier de mon assurance. La vache ! 30% d’augmentation sur ma prime maladie ! Qu’est-ce qui leur prend ? Je n’ai pas été malade l’an passé. Récemment, j’ai eu un rhume bien costaud. Mais j’ai bien fait gaffe de ne pas acheter de médicament à rembourser, sinon ils auraient vu que j’étais malade. Mince, je parie que j’ai dû payer par carte bancaire.  L’andouille ! On m’avait pourtant prévenu que maintenant les banques avaient le droit de revendre leur fichier de CB. L’assurance a dû racheter la base : un petit coup de moulinette de data mining et de statistiques et paf ! +30% !
Ils ont dû voir « pharmacie St Paul » trois fois dans le même mois sur mes relevés. Et cela a dévoilé mon petit problème. Je m’en veux !

Bigrement d’actualité non ?

Ce texte n’est pas fait pour vous déprimer mais pour que vous soyez acteurs de votre futur et que tout cela reste de la pure fiction.

La dernière partie de la conclusion de l’auteur se révèle aujourd’hui dépassée, l’inquiétante fiction va être rattrapée par une réalité guidée par le profit. Alors, que fait-on ?

Constat et gyrophares

Petite interrogation couillonne inspirée par une situation vécue sur le chemin du retour ce soir, après une journée de travail.
Comme chaque jour, je suis à moto. Avant d’aborder un carrefour, un bref regard dans le rétro me laisse entrevoir une lueur bleutée, avant que je me fasse doubler par une voiture banalisée avec un gyrophare. Ils semblent pressés. Soit, je me range un peu, même si je ne le dérange pas puisqu’il y a trois voies sur cette avenue.

Première surprise, au carrefour précédant le pont, ils passent en ralentissant à peine, mais sans actionner la sirène. Heureusement, personne ne venait de la gauche, mais ce carrefour étant totalement aveugle, passer au rouge sans prévenir d’une urgence me semble un peu cavalier. Rebelote au feu suivant (après le pont donc), avec un virage à gauche négocié dans le même silence malgré le gyrophare et sans clignotant qui plus est.

Donc, question nouille : à ce croisement, si en arrivant de la gauche et en voulant stupidement passer au feu vert, je m’étais encastré dans la voiture banalisée qui, malgré son gyrophare, grille gentiment le feu dans un carrefour aveugle sans avoir mis en route une sirène qui m’aurait alerté, aurais-je été en tort ? Vous me direz que quand on est sur un lit d’hôpital en plus ou moins bon état, savoir qu’on est dans son droit est le cadet des soucis. Certes, mais tout de même … Car au niveau des assurances, je suis vraiment curieux de savoir comment ça se passe. Faut-il prouver qu’il n’y avait pas de sirène, ou est-ce au conducteur de la voiture banalisée de prouver qu’il a tout fait pour avertir de son approche ?
Non, parce que ce serait ballot que je doive à présent m’arrêter au feu vert en me demandant si je ne vais pas me faire couper en deux par une urgence silencieuse … Et je marque quoi sur le constat ?