Archives par mot-clé : accident

Constat et gyrophares

Petite interrogation couillonne inspirée par une situation vécue sur le chemin du retour ce soir, après une journée de travail.
Comme chaque jour, je suis à moto. Avant d’aborder un carrefour, un bref regard dans le rétro me laisse entrevoir une lueur bleutée, avant que je me fasse doubler par une voiture banalisée avec un gyrophare. Ils semblent pressés. Soit, je me range un peu, même si je ne le dérange pas puisqu’il y a trois voies sur cette avenue.

Première surprise, au carrefour précédant le pont, ils passent en ralentissant à peine, mais sans actionner la sirène. Heureusement, personne ne venait de la gauche, mais ce carrefour étant totalement aveugle, passer au rouge sans prévenir d’une urgence me semble un peu cavalier. Rebelote au feu suivant (après le pont donc), avec un virage à gauche négocié dans le même silence malgré le gyrophare et sans clignotant qui plus est.

Donc, question nouille : à ce croisement, si en arrivant de la gauche et en voulant stupidement passer au feu vert, je m’étais encastré dans la voiture banalisée qui, malgré son gyrophare, grille gentiment le feu dans un carrefour aveugle sans avoir mis en route une sirène qui m’aurait alerté, aurais-je été en tort ? Vous me direz que quand on est sur un lit d’hôpital en plus ou moins bon état, savoir qu’on est dans son droit est le cadet des soucis. Certes, mais tout de même … Car au niveau des assurances, je suis vraiment curieux de savoir comment ça se passe. Faut-il prouver qu’il n’y avait pas de sirène, ou est-ce au conducteur de la voiture banalisée de prouver qu’il a tout fait pour avertir de son approche ?
Non, parce que ce serait ballot que je doive à présent m’arrêter au feu vert en me demandant si je ne vais pas me faire couper en deux par une urgence silencieuse … Et je marque quoi sur le constat ?

Les feux tricolores supprimés en 2013

Dès le 1er janvier 2011, le Code de la Route modifiera quelques comportements, et de manière inquiétante. Passons rapidement sur le fait de devoir prendre quelques heures de conduite pour avoir le droit de passer de la voiture à une moto de 125 cm³ car cette décision intervient bien tard, après des années d’hérésie.

Non, ce qui est incroyable concerne en premier lieu les cyclistes. Après les avoir autorisés à remonter certains sens interdits, voilà que le Code permet maintenant, selon le bon vouloir du Maire de chaque commune, de passer au feu rouge si l’on veut tourner à droite. Précision utile, il faudra passer au rouge « en faisant attention ». Ben tiens, ça leur fera une belle jambe aux cyclistes qui se seront fait percuter et à qui on la coupera.

Mais il y a mieux !

Lorsqu’un piéton s’engage ou manifeste de façon claire l’intention de s’engager (par un geste) dans la traversée d’une chaussée, un véhicule doit lui céder le passage et, si besoin, s’arrêter, même en dehors d’un passage protégé. Le conducteur qui ne respecte pas ce principe de prudence « à l’égard du plus vulnérable » est passible d’une amende de 135 euros et de la perte de quatre points sur son permis de conduire. De son côté, le piéton doit respecter un certain nombre de règles de prudence, notamment en empruntant le passage piétons s’il est situé à moins de 50 mètres. (source : Le Monde)

Mise en situation : je traverse comme un marcassin et me fais renverser, à 32 mètres d’un passage protégé. Qui sera responsable puisque même si je suis à moins de 50 mètres d’un passage pour piétons, je certifierai que j’ai manifesté de manière claire mon intention de traverser et que je suis de toute manière le plus vulnérable des deux ? Encore une vraie idée stupide (ou fausse bonne idée) qui va remplir les services d’urgence de gens qui pensaient avoir le droit. Le droit de se faire rouler dessus pour les uns, et de rouler la boule au ventre pour les autres, avec un œil déjà bien trop rivé sur le compteur pour ne pas allumer les radars urbains.

Puisqu’on en est là, autant supprimer les feux tricolores dès 2013 (pas 2012, ce ne serait pas bon pour les élections …) et chacun devra indiquer de manière claire son intention de passer. Sans aller jusqu’à une échéance de deux ans et par curiosité, j’attends les chiffres de l’accidentologie piétons/voitures et cyclistes/voitures en zone urbaine pour l’année 2011.

Moto2 : La chute de Tomizawa pouvait-elle être évitée ?

Loin de moi l’idée de discuter de la qualité des soins apportés à Tomizawa après sa chute, sur la rapidité (ou non) des secours, car je ne suis pas apte à juger de ça et je suis persuadé que les dizaines de médecins qui se sont occupés de lui ont fait tout ce qui était possible.

En revanche, quand on regarde la vidéo de la chute en elle-même,on voit que Tomizawa perd le contrôle de sa moto dans une glisse de la roue arrière. Cette glisse a été provoquée par la bande verte située juste après le vibreur. Or ces bandes sont un gazon synthétique disposé normalement pour les courses de voiture. Elles sont tellement glissantes que lors des journées d’entrainement libres sur circuit (à Magny-Cours par exemple), au briefing, le mot d’ordre est répété plusieurs fois : « ne mettez pas les roues dessus, c’est la chute assurée ! »
Mais en course, à la réaccelélération, une roue arrière peut aller visiter l’extérieur du vibreur. Quand c’est de la terre, ça secoue, on perd un peu de temps, et on se remet en course. Avec ces bandes synthétiques, on glisse ou on se fait éjecter. Avec ce dimanche des conséquences dramatiques. À mon sens le premier souci est à chercher ici.

Pour les débats sur l’intervention des secours ou savoir si le drapeau rouge aurait changé quelque chose, ils sont accessoires : au moment de choisir le drapeau jaune ou rouge, Shoya Tomizawa était déjà perdu, pour un bout de synthétique placé pour satisfaire aux normes de la FIA. A pour automobile, quand des motos tournent sur le même circuit.

Une dernière chose, mais elle était prévisible : ceux qui hurlent au scandale en disant que « ça finirait bien par arriver » pour cause de nombre de pilote trop élevés, voire de « motos dangereuses car mal inréglables » (les forums regorgent d’ingénieurs qui savent mieux que les vrais …) feraient mieux de se taire. Les chutes collectives qui ont déjà eu lieu n’ont jamais causé de graves blessures. En l’occurrence, cette chute a impliqué trois pilotes qui … faisaient la course. Oui, incroyable, sur piste et dans un championnat du monde, les pilotes roulent proches les un des autres. Ça peut donc arriver que quand le premier de la file tombe, les suivants le percutent, que le nombre au départ ait été de 17 pilotes comme sur la grille famélique en MotoGP ou de 40 comme en Moto2 (ou en Supersport avant la disette induite par … le Moto2).

En revanche, on peut effectivement se demander si le port d’une combinaison à airbag protégeant le thorax n’aurait pas minimisé les lésions lors des impacts. C’est sans doute sur ce point que devraient se pencher les commissions de sécurité. Et bon sang, virez ces zones de gazon artificiel horriblement glissantes !