Assistances à la conduite ou conducteurs assistés ?
Depuis quelques années, l'homo automobilis (et peu de temps après, l'homo motardus) peut profiter dans le civil d'une technologie à la base destinée aux militaires, le G.P.S. Pour les explications purement techniques, allez voir ici car tel n'est pas le propos de ce billet. Alors c'est beau, c'est le progrès, nul besoin à présent de savoir lire une carte routière et de se fier à un sens de l'orientation bien incertain chez de nombreux individus de cette planète, il suffit de suivre les indications de la machine.
Il faudrait tout de même garder en mémoire que ce système est une aide à la navigation routière, pas une machine faite pour réfléchir quand vous êtes totalement dépourvu de sens logique.
Il est à moto, il est jeune, il profite de sa nouvelle monture et se trouve fort surpris lorsque la voiture qui arrive de la route perpendiculaire passe au stop sans même ralentir. Il freine brutalement pour ne pas la percuter, glisse, part couper ledit panneau de signalisation avec sa tête (merci le casque) et se réveillera deux semaines plus tard à l'hôpital.
Que tout le monde se rassure, il va mieux. Durant ces deux semaines, il y a bien sûr eu une enquête. Et là, stupeur ! La personne qui conduisait la voiture a justifié le fait de ne pas avoir arrêté la voiture au stop : « je suivais ce que me disait le G.P.S. et il ne m'a pas dit de m'arrêter au stop. »
Aux Etats-Unis, il y aurait déjà un procès contre le fabricant de l'appareil qui n'aurait pas averti d'un panneau de deux mètres présent sur le bord de la route (sans parler de la bande blanche au sol, ni de l'absolue nécessité de contrôler avant de s'engager). Un tel procès n'aura pas lieu ici (et tant mieux) mais il faudrait mettre des contraventions pour débilité excessive et incapacité totale à agir de manière autonome et réfléchie.
Je suis stupéfait qu'on puisse penser être dans son bon droit lorsqu'on sort une absurdité pareille, lorsqu'on pense ne pas être en tort alors qu'on baffoue les règles élémentaires du code de la route.
La vitesse tue paraît-il. Certes, c'est le credo le plus rentable sur un plan financier, mais quand quelqu'un se rendra-t-il compte qu'on peut être dangereux sous la vitesse autorisée si on a oublié son cerveau à la maison ?
Allez, demain on se met un bandeau sur les yeux pour traverser la ville à 40 km/h et on argumente en disant qu'en dessous de 50 km/h on ne peut pas être dangereux.
La tendance actuelle est à la déresponsabilisation des gens. En leur imposant des règles strictes et en leur martelant qu'il ne faut pas s'en écarter, on leur évite de penser, on leur permet de se dire que le fautif, c'est l'autre.
Car c'est bien connu, c'est toujours l'autre qui conduit mal, c'est toujours l'autre qui agit mal. Même pas besoin d'y penser ou de se remettre en cause, ça ne peut pas être de votre faute, jamais.
On pourrait étendre cette diatribe aux voitures équipées de systèmes permettant de ralentir pour respecter les distances de sécurité, dont les phares s'allument quand il fait sombre, ou mieux (le comble à mon sens) celles dont les essuies-glace se mettent en route quand le pare-brise est mouillé.
La technologie c'est bien, un cerveau c'est quand même mieux.