Ça fait ce bruit là quand je roule ? (Mis à jour le 24 mai 2006)
Ma douce a sa moto de route, elle tourne avec de temps en temps sur Carole, mais elle veut acheter une moto qu'elle pourra dédier à la piste, elle veut une machine à bracelets, un truc pas cher. Après un petit tour de ses attentes, en prenant en compte le fait qu'elle débute sur piste, je lui déconseille un 4 cylindres sportif. Ca lui donnerait l'illusion d'aller vite car la puissance en ligne droite compense facilement la lenteur dans un virage mal négocié.
Bref, il faut une machine à la partie-cycle irréprochable, avec un moteur dont les deux cylindres ont du coffre. J'ai bien ma petite idée sur la question 
Elle fait le tour de quelques forums, se renseigne, regarde les annonces et ... se dirige vers une 850 TRX équipée piste. Tout est nickel sur l'annonce, le proprio semble soigneux et on prend rendez-vous pour la semaine prochaine pour aller la voir de plus près.
Bon, reste à savoir si cette machione lui convient vraiment. Comment faire ? Et si on allait tester Triscotte sur la piste d'Arnos ?
On va résumer, car c'est à elle de donner ses impressions, mais le challenge était difficile. Passer d'un 4 cylindres à grand guidon sur un twin (au moteur vraiment on/off) à guidon bracelets, c'est déjà peu aisé. Mais le faire sur un circuit valloné aux virages aveugles quand on ne connait que le circuit Carole, c'est être dingue.
Bon ok, elle est dingue !
Après quelques tours qu'elle fera sur la 900 SS de mon boss pour me suivre afin de rapidement reconnaître le tracé, on avale nos sandwiches en discutant des trajectoires, de la manière dont elle doit conduire Triscotte, des différences (énormes) de passage en courbe par rapport aux 4 cylindres de sa Kawa, etc
Le soleil est présent, la température monte, l'ambiance aussi, la première session de l'après-midi commence sous les rupteurs. Voilà deux mois que je n'ai pas tourné, je prends trois tours pour reprendre mes marques. Je sors au bout d'une petite dizaine de tours pour lui confier la moto.
De loin je suis sa progression depuis la ligne de départ, l'hésitation est palpable dans ses entrées en courbe, dans la descente. Mais je ne faisais pas le fier lors de ma première sortie sur Triscotte alors que j'avais encore tous les réflexes du moteur souple et linéaire de la moto que je venais de quitter. Et ça ne doit pas aider de rouler sur une moto qui n'est pas à soi, loin de là.
Elle boucle 6 tours, fin de la session, elle se plaint juste de ne pas pouvoir ... déhancher. Bon, si c'est la seule chose qui la dérange, c'est parfait. Le freinage quelque peu brutal ne la dérange pas, la position non plus, ni la rigueur du cadre. Tout juste me dira-t-elle que le moteur est effectivement un peu caractériel 
Les dingues classés en "rapides" viennent de sortir. Avant de repartir pour ma session, je lui demande de ne plus freiner en entrant dans ses virages, mais simplement de couper les gaz, le frein moteur fera le reste.
Mais pour le moment c'est à moi de tourner, les pneus sont collés au sol, c'est un vrai régal de plonger dans chaque virage. Je me fais déposer dans la ligne droite et dans la descente mais j'arrive à remonter au cul de certains dans des virages où je m'interdis de toucher aux freins, en restant sur un filet de gaz (plus ou moins gros), et ça, c'est un plaisir difficile à expliquer.
Voilà deux tours que le ZX6-R 636 qui est devant moi me bouchonne, profitant de sa puissance pour me distancer dans les bouts droits. Je me retrouve dans sa roue à chaque virage, sans pouvoir passer, et pour la première fois de ma courte vie de pistard, je m'impatiente et je cherche où et quand passer. Dans le gauche qui remonte ? Je tente un intérieur quand je le vois freiner, mais sa trajectoire s'infléchit pour venir couper la mienne, la différence de vitesse n'est pas assez importante, je coupe les gaz et vois sa roue arrière frôler ma roue avant.
Dans deux virages, ce sera la grande descente, avec son virage à droite qui impose de le prendre à l'intérieur pour pouvoir garder sa vitesse. Je me colle dans sa roue, monte les rapports, reste bien à gauche de la piste. On commence à plonger, j'ai encore le nez dans la bulle, le casque devant moi se relève, c'est le moment ! Sans couper les gaz je m'écarte un peu, penche plus que d'habitude, la moto ne bronche pas je tourne la tête et me rabats pour le virage d'après; j'ai fait mon premier extérieur. Pour ne pas me faire doubler à l'épingle gauche qui suit, je retarde un peu mon freinage, tombe deux rapports au panneau trop tard. Désolé pour les oreilles qui suivent ... C'est passé. C'est très certainement banal pour un habitué, mais j'ai un sourire énorme sous le casque, la puissance n'a servi à rien. Tiens, le CBR devant, je le vois freiner à l'entrée du pif-paf de bout de ligne droite, je le remonte dans le fer à cheval, encore trois tours et je le bouffe.
Rah le lâche, il sort ! Bon, au tour suivant je fais de même et vais regarder ma moto de l'extérieur. Quel bruit ignoble dans la ligne droite, si ce n'était pas ma moto ça me ferait rire. Ha ben, ça me fait rire quand même. 75 cv, 175 dB, quel spectacle :p Il faut quand même que je pense à remettre de la laine dans les Termi, on va finir par me jeter des pierres.
Bon, elle freine moins qu'avant, elle commence à prendre conscience du frein moteur et surtout elle prend confiance, ça se voit. Même le chrono le voit, elle passe un peu plus tôt à chacun de ses huit tours, c'est parfait.
J'aurais bien fait encore une session, pour qu'elle découvre encore un peu plus la machine, qu'elle en prenne un peu plus le pleine mesure, mais elle a un avion à prendre 
Pour ce qui est de la moto, le constat est sans appel : la TRX lui plaît. Et une pistarde de plus en twin, une ! Je n'étais pas assez bien placé pour prendre des photos en piste, donc voici la seule photo, prise juste après sa première session sur Triscotte.
Elle s'est faite plaisir, elle a bien aimé la moto, et c'est bien le principal de cette journée. Je suis super fier d'elle
Et je ne parle pas de la moto.
On va êtres mignons tiens, tous les deux plein angle en TRX à se suivre sur les circuits.
** Mise à jour du 24 mai 2006 || sa version du même lundi **
Pour compléter le récit de mon cher et tendre…
Dimanche 21 mai :
On décide de faire un saut rapido au circuit, histoire de « faire les présentations »… Il est perdu en pleine cambrousse, dommage pour moi, j’ai le rhume des foins, çà débute mal… :-/ Comparé au Circuit Carole (le seul que je connaisse), il me paraît gigantesque : cool, çà s’est plutôt pas mal : enfin un vrai terrain de jeu :-p . Par contre il est très vallonné : çà monte, çà descend dans tous les sens ! J’vais avoir le mal de mer moi là-dessus et puis aucune visibilité sur le virage qui suit : Aie, je déteste çà… les surprises… autant conduire en aveugle :-o ! Bref : je regarde mon chéri avec des yeux de cocker battu pour lui dire : « je peux encore me chier dessus et ne pas venir demain… non ?.... pas possible ? ».
Lundi 22 mai :
Il fait beau mais y’a un vent terrible, çà va pas aider çà ! Et puis il y a déjà plein de monde au circuit (étonnant pour un jour en semaine non férié). P’tit Lu me demande comme çà va : « … je connais pas le circuit… je vais tourner avec des bécanes qui me sont inconnues… des twin en plus… autant dire un autre monde par rapport à ma Z750…
y’a plein d’amis à toi devant qui je vais pouvoir me ridiculiser… mais à part çà, tout baigne… ! ». Deux groupes sont formés : les lents et les rapides. Enfin, autant dire : les rapides et les supers rapides car même les lents s’élancent comme des missiles :grrr: . Euh… y’aurait pas moyen de faire un groupe à moi toute seule : méga poireau ? 
Bon, avant de « m’élancer », j’ai quand même pu rouler un peu avec la Ducat 900 SS et la TRX 850. Enfin des motos où je peux poser les pieds complètement à plat, du bonheur B-) ! Mais les moteurs de twin à froid et bien çà cale… quant au frein arrière… y’a un frein :-p ? bon, il va me falloir un petit temps d’adaptation, que je n’ai pas.
Les 1ers tours de piste se font avec la Ducat et bien désolée pour les puristes, mais je ne suis pas fan :-/ . Certes c’est fiable et une fois en place, elle ne bouge plus, calée comme sur un rail. Le frein avant est brutal mais surtout, les poignets trop cassés me font rapidement mal. Bon, aucune importance, de toute façon je ne cherche pas à acheter une Ducat. P’tit Lu est devant moi, pour me guider, me montrer les bonnes trajectoires… Effectivement, la 1ere moitié du circuit passe facilement mais la 2eme partie est plus technique et il ne faut pas se louper. Je me fais surprendre d’ailleurs dans une épingle :grrr: , vite, bien placer son regard pour récupérer le coup et éviter de faire un tout droit. Ouf, çà passe ! La piste est super large, un vrai boulevard comparé à Carole
. Par contre, le revêtement n’est pas nickel, merci les similis trous et raccords
.
P’tit Lu accepte de se séparer de son TRX. Il me confie Triscotte. Ayé, c’est le moment de vérité. Je fais une 1ère session. Je l’imagine sur le bas côté, en observateur impuissant, inquiet (pourvu qu’elle ne me la plante pas… mais elle est où… ah çà y est, je la vois…), surpris (ben oui, çà fait toujours bizarre de voir rouler sa propre moto) et excité à la fois (c’est quand même sa chérie qui est dessus !). Bon, session finie, je sors et fonce direct donner mes 1eres impressions => position : OK – motorisation : je m’y ferai. Je ne suis pas surprise par le frein moteur, mais plus par le coup de pied au cul à l’ouverture des gaz (si, si
) – freinage / embrayage : çà m’apprendra à doser avec douceur – prise en main : plutôt intuitive. Bref, la moto me convient, elle est plutôt souple, légère et maniable, c’est juste la pilote qui est une limace sur piste (tu as raison Duke
) et qui n’est pas foutue de déhancher (alors que je n’ai aucun souci sur ma Z
). P’tit Lu me donne quelques conseils et peu de temps après, c’est reparti ! Je me sens déjà plus à l’aise, je commence à prendre confiance et à mieux ressentir la moto. J’essaie d’écouter « mon coach » : je passe tous les virages 1 rapport au-dessus (effectivement, c’est mieux) et j’essaie de couper les gaz au lieu de freiner, notamment pour aborder le pif paf au bout de la ligne d’arrivée (ne pas freiner, ne pas freiner… je vais me vautrer, je vais me vautrer… yeh çà passe !!!). Le session terminée, je ressors avec un sourire jusqu’aux oreilles
: certes je n’arrive toujours pas à déhancher (mais pourquoi non de diou ?!), je me traîne encore (même si les chronos sont meilleurs), mais la moto est entière, moi aussi, pas de frayeurs, juste du plaisir que du plaisir !
Bravo à Triscotte pour m’avoir convertie au twin
.
Merci à mon chéri pour sa confiance, sa patience, son écoute, ses conseils et ses encouragements
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Rdv dimanche 28 mai à Nogaro pour découvrir un nouveau circuit et essayer une autre TRX qui sera, peut être, si j’ai de la chance, ma future moto… de piste (faut pas rêver, je ne me sépare pas de ma Z pour autant :-p !)… Restera plus qu’à plier la carte pour pister tranquillement avec mon biscuit et nos 2 twin hurleurs
.
Duke, tu prépares un jus de fruit en plus du café ?