La cinquantaine, pour certains c'est l'âge de la raison, de la sagesse, pour d'autres, le début d'une nouvelle vie, d'un épanouissement.
Ce vendredi 17 mars (je sais, c'était il y a une semaine, mais l'explication arrivera, calmez-vous), je passe à la boulangerie avant d'arriver au boulot. Après tout, il y a un truc à fêter ce matin. Alors soyons fous, croissants et chocolatines pour tout le monde 
C'est 500 mètres avant l'arrivée que je dois me garer sur le côté pour une petite photo. Et voilà, 50.000 kilomètres pour Cracotte.
A un kilomètrage qui en pousse certains à brader leur moto, j'avais décidé de commander de quoi lui donner un second souffle, elle est toute fofolle en recevant son cadeau, admirez son regard stupéfait (et un peu niais) quand elle le reçoit. Je lui laisse le temps de jouer avec le carton et revient à la pause de midi, histoire de monter tout ça. Je veux parler du filtre, pas de Cracotte, quoi que, enfin bon, passons ...
Alors, où est planqué ce filtre à air ? Sous le réservoir, comme souvent, dans un rack vissé dans la boîte à air. Bon, il suffit de soulever le réservoir, mais pour cela, il faut enlever la coque arrière. Merci les designers qui font des coques enveloppant le début du réservoir, merci beaucoup, si vos tympans ont sifflé, c'est par ma faute.
Bon, le réservoir est accessible. Quelle riche idée j'ai eu de faire le plein la veille d'ailleurs, c'est un régal de le soulever pour pouvoir tout débrancher. Tout ? Oui car il y a les deux durites d'essence (normal, et réserve), le capteur de je-sais-pas-quoi (broche à deux fils) et celui j'en-sais-trop-rien (broche à trois fils) sans parler du reniflard qui pendouille. Les capteurs se débranchent en une seconde, ce sont les durites qui m'inquiètent.

Explication : une fois déposé, le réservoir ressemble à
ça. Certes, c'est assez inesthétique, notez sur la plaque métallique, les deux clips rapides pour les raccord de durites. Un
zoom permet de voir que ces clips retiennent un
raccord et permettent de le dégager d'une simple pression sur la glissière métallique.
Plastique contre plastique, peu de jeu, de l'essence qui y circule en permanence, ce système sans doute bien pensé inspire peu confiance quant à la solidité du raccord quand il va falloir le retirer, on dirait qu'il y a une chance sur deux pour que ça casse. Le premier se désengage assez facilement, le second bloque un peu. Je ne force pas, je retire un peu dessus et .. crac, clonk, zip, ce que vous voulez, il
casse comme du verre, laissant toute une partie dans le clip et surtout me laissant comme un idiot devant une moto qui se trouve privée d'arrivée d'essence. Messieurs les concepteurs, si vos tympans ont percé, c'est ma faute.
Quelque peu agacé je finis de monter le filtre à air, il ne faudrait tout de même pas que j'oublie la cause de tout ce démontage. Rapide appel à la concession Triumph la plus proche pour savoir s'il a la pièce en stock. Cette merdouille doît coûter 0.28 euro à fabriquer et c'est ça qui me coince ... Il en a en stock, mais n'est pas sûr que ça aille dans les durites, car les ingénieurs sont farceurs et changent le diamètre des durites selon les modèles et les années.
Bien entendu, la loi de l'emmerdement maximum (LEM) fait qu'on est vendredi midi et que dans le meilleur des cas, la pièce arrivera en début de semaine. Et un week-end sans moto, un ...
Début de semaine, nickel, une enveloppe arrive au boulot, avec deux raccords. Tiens, les concepteurs ont dû rapidement se rendre compte que les raccords en plastique avaient quelque souci de fiabilité, les nouveaux sont autrement plus
résistants.
Naïveté, éternel optimisme, je me dis que ça n'aura pas pris bien longtemps et je commence à monter tout ça quand je m'aperçois que le raccord nage joyeusement dans la durite. La LEM est toujours d'actualité, j'avais une "chance" sur deux pour que ce soit le mauvais diamètre.
« Allo ? Oui ben c'est pas le bon raccord. Ha .. pas en stock ... délai ... patient ... marcher ... maigrir ? Bon ben ... pas le choix » Et me voilà sans monture pour une durée indéterminée.
Surprise et joie ce matin, une autre enveloppe, avec cette fois les bons raccords. Il est peut-être à plus de cent bornes, mais il est sacrément efficace mon concess, merci beaucoup à lui*.
Opérations inverses pour tout remettre en place durant la pause de midi, pas moins de vingt vis (oui oui ...) pour tout refixer et elle redémarre sans souci.
Retour ce soir, à moto après une semaine de diète, avec un filtre à air propre, redécouvrir simplement un des bonheurs de cette machine : le sifflement venant de la boîte à air lors des montées en régime.
Bilan de tout ça : comment gagner trois francs six sous (ou 2 livres 3 pounds) avec des raccords dont il semble évident qu'ils vont être fragilisés avec le temps et péter sans prévenir à la moindre manipulation. Bravo, belle performance. Ca ne génera pas un concessionnaire de la marque, mais pour quelqu'un qui fait ça chez lui, dommage.
En parlant de concessionnaire, le mien vient de me prouver une fois de plus son efficacité et sa gentillesse.
Et Cracotte dans tout ça ? Ce qui aurait pu passer au départ pour une crise de la cinquantaine et une angoisse sur sa prise d'âge n'est en fait qu'une petite crise d'adolescence.
À 50.000 kilomètres le rodage vient de finir, le plaisir ne fait que commencer, on a encore un sacré bout de route à faire
*Damien, concession T.B.C. à Biarritz. Il mérite bien une pause pub.