Jeudi, 2 mars 2006
Les semaines se suivent et ne se ressemblent pas
Après la première approche d'il y a deux semaines, retour sur la piste de Pau-Arnos afin de mettre en pratique tranquillement la somme d'informations reçues. La piste reste un endroit mystique, y évoluer rapidement tout en restant serein me semble encore un vœu pieu, mais je suis bien décidé, en ce matin du 1er mars, à progresser et prendre confiance.
Triscotte est chargée depuis la veille dans le camion de Thierry, qui arrive en début de matinée, sous une petite bruine ... les nuages vont partir, on y croit, on en veut, si si si !
J'entame une petite danse du beau temps afin de nous faire bénéficier de conditions optimales. Arrivés sur la piste, je vois que mon stratagème a fonctionné, un petit vent se lève, de grands quartiers de ciel bleuissent et la piste commence donc à sécher.
Tiens, la dernière R6 garée dans les paddocks, toute neuve. Et c'est quoi à côté ? La CBR600, toute aussi neuve et propre. Ca sent la séance photo pour un magazine ça. Le doute est levé quand viennent s'y ajouter la ZX6-R, la GSX-R et la Daytona Triple. Cinq motos de cette année, cinq 600 supersport, fraîchement sorties de chez les concessionnaires. Forcément, une telle juxtaposition donne aux paddocks un air de départ de grand-prix, mais il faut avouer qu'elles sont belles.
On descend la GSX-R 1000 de Thierry pour la garer à côté de la splendide 999R de Guillaume, puis ma vaillante TRX. Elle rend pas mal de chevaux à la plus modeste des 600 qui vont partir en essai mais ne s'en soucie pas. Je démarre pour la faire chauffer et là les choses sont mises au point. Je les atomise les japonaises qui se pavanent. Bon d'accord, juste pour le bruit, mais c'est toujours ça de pris :p Et après tout, si elle dispose de 40 cv de moins, il est normal qu'elle chiffre au moins 30 dB de plus ...
Ce n'est que ma deuxième venue ici et, si la moto piaffe d'impatience, il convient de partir doucement, d'autant que la piste présente encore de nombreuses flaques et autres traces humides. On quitte les stands, dernier raccordement, petit coup d'œil dans la ligne droite pour s'assurer que personne n'arrive et c'est parti.
J'oublie les essayeurs, j'oublie Thierry et Guillaume qui de toute manière ne m'attendent pas. Aujourd'hui je n'ai personne pour me montrer les trajectoires et points de freinage, je vais devoir me rappeler ce qui m'a été dit et oublier ce que ma raison tente de me chuchoter.
Deux petits tours pour retrouver mes repères visuels et pour voir si la trajectoire n'est pas trop mouillée, ça permet aux pneus de monter en température et à la tête de se vider.
La piste, la moto, moi. Oublier le reste, faire abstraction des missiles qui vont me doubler un peu partout, travailler mes prises de virage et réussir à rouler sans être crispé.
Triscotte est sympa, elle se balance de virage en virage, me montrant à chaque fois que sa limite est bien au-delà ce que je lui demande. La matinée sera pourtant prudente, je préfère prendre mes marques doucement, mais je sens que ça commence à passer de manière plus fluide, je sens mieux la moto me remonter les informations et je prends le temps de penser à ce que m'ont dit Tof et Oliv' sur les freinages et le filet de gaz. Des virages qui me posaient de gros soucis semblent aujourd'hui redessinés, la moto n'allant pas n'importe où et restant sur la ligne choisie dès l'entrée. Y a pas à dire, il est des conseils qui apportent beaucoup, merci vous deux.
Il est midi à mon horloge interne, et croyez-moi, elle est précise. Donc quand mon estomac hurle plus fort que les pots je sors et on en profite pour demander leurs impressions aux Anglais.
Si la CBR est pour eux en retard techniquement parlant, et pataude par rapport aux autres, trois modèles ont frappés. La GSX-R pour son homogénéité, la R6 pour ses montées en régime et son chassis, et la Daytona pour son moteur et sa maniabilité. Le concept de cette petite trois cylindres m'avait plu dès son annonce, il se confirme que la firme de Hinckley a réussi son coup. Je regrette de n'avoir pu enregistrer le rugissement de la Daytona dans la ligne droite.
Une pizza et un sandwich plus tard, me voilà prêt à repartir. Quelques potes sont venus nous rejoindre, ajoutant notamment un ZX9-R, et une Ducati hybride (cadre de 748 et moteur de 900SS) à la liste.
Est-ce dû à la température qui monte doucement ou au surpoids consécutif au repas ? Toujours est-il que la moto est rivée au sol, et je ne m'en plains pas. Vous vous rappelez de ce moment lors du permis où vous avez le "déclic" ? Vous n'allez pas forcément plus vite, mais tout paraît naturel et vous vous demandez pourquoi vous bloquiez comme ça l'heure d'avant ? Et bien c'est pareil.
Ils passent 20 km/h plus vite que moi dans ce virage ? C'est donc que je peux y passer 10 km/h plus vite ! Allez hop, on passe sans couper les gaz. He he he, ça paaaaasse .. merd' merd' merd', on coupe quand même. Bon, j'ai coupé plus loin qu'avant et j'ai dû passer avec 5 km/h de mieux. Pour ce tour ci on va s'en contenter et on va tenter de refaire la même chose sans précipitation au prochain passage. Pour le moment, direction le virage suivant, puis la descente emmenant sur l'épingle.
J'adore le freinage de cette moto, il est radical. Certes il n'y a aucune progressivité si on se réfère aux standards actuels, mais qd on saisit le levier, la moto s'arrête net. Ce qui est sans doute un vrai piège sur route mouillée semble être une arme pour la piste. Enfin je verrai ça quand je serai capable de coller la roue des autres
Pour le moment le but est de passer plus vite en virage alors le levier de droite n'est pas une priorité. Vue la puissance diabolique de ce moteur si je freine trop avant le virage, je prends trente mètres à la sortie. Il n'y a donc pas trente-six méthodes : il faut passer sans freiner et en penchant, les pneus ont encore une marge confortable, la moto aussi. La botte droite viendra juste toucher le sol deux ou trois fois dans la double épingle, la faute à cette jambe gauche qui n'arrive pas à bien appuyer sur le repose-pied extérieur. Petite chaleur, mais au moins je sais où est ma limite à droite.
Thierry trouvera sa limite à droite dans le virage avant la descente. Décrochage de l'avant, glisse et arrivée dans l'herbe. Un trou dans la combi, une pédale de frein tordue, mais rien de plus grave qu'un coup au moral, ouf. Pendant qu'il la passe au jet d'eau, le groupe continue à tourner. Sur quelques virages j'arrive à tenir les habitués afin de voir comment ils passent, avant de leur dire au revoir dans chaque ligne droite. Tof me l'avait dit, pour tourner dans le même temps qu'eux avec ces dizaines de chevaux en moins, il faut passer plus vite qu'eux dans les virages. Mais comment faire ?
Il est 16h30, la journée touche à sa fin, le soleil ressort franchement. Je m'arrête pour changer de visière, saluer Oliv' et Heidi qui sont venus nous faire un petit coucou et je décide de poser le cerveau en même temps, ça fera toujours cinquante grammes de gagnés. Pas tout hein, mais une bonne partie. Il n'y a pas de raison, ça doit passer, et ça va passer !
Trois grandes expirations sous le casque et on repart. Un petit tour pour remettre les pneus à température et pour décider où progresser (partout, je sais ...), et on entame la ligne droite. Ce pif-paf (un droite/gauche très rapide) qui me faisait toujours couper les gaz doit passer sans ce subterfuge. Je me place bien à gauche, guettant mes repères. Le panneau 50 mètres surgit, le droite approche, TOP je vois la sortie du gauche en contrebas, c'est le moment de jeter la moto sur la droite. Passage au ras du vibreur, la piste plonge, la moto s'allège et il faut changer d'angle pour négocier le passage sur l'autre vibreur, qui va défiler sous la botte gauche avant de tomber un rapport pour remonter sur ce double droite qui se casse, monte, replonge lui aussi. Ce circuit est un petit tourniquet et là, bêtement, en quelques secondes, je sais que je vais aimer y tourner. Deuxième passage, mêmes sensations, mêmes impressions. Nom d'un piston, je prends mon pied ! Je me risque même à sortir le corps de la moto dans ce long gauche en appui qui remonte. Je sens que la moto est bien en appui, je jette un œil furtif sous moi, j'ai la tête largement au-dessus du vibreur, et là, comme un gosse, je me marre, je crie sous le casque, et je regarde le virage suivant en laissant filer la moto sur un filet de gaz. Le virage est sur une dépression, elle dérive doucement vers l'extérieur, la moto me parle, je sais comment elle travaille à me maintenir dans l'axe, elle s'amuse autant que moi. Allez, encore dix tours et on rentre, je préfère frôler les vibreurs que l'excès de confiance.
Voilà, il est temps de remettre la moto dans le camion, elle mérite amplement son repos. je n'ai absolument aucune idée du temps que j'ai mis au tour, mais aujourd'hui, en plus d'un plaisir immense, j'ai pris confiance, et ça, c'est inquantifiable.
On y retourne lundi, et je soupçonne Triscotte d'avoir souri quand elle l'a appris.
Encore une fois merci à Heidi pour ces photos prises en action, on dirait presque que je vais vite
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HADOPI : Ou pas
270 km/h, en passager
Joyeux Noël
Hat trick
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Équipement et accessoire moto

Il suffit d'y croire.Comme je le disais mercredi dernier, les semaines se suivent et ne se ressemblent pas. Ce matin, il y a du beau monde en piste, et pas pour amuser les photographes, mais plutôt pour affoler les chronos. A part nous quatre, ils sont
Suivi: Aoû 07, 00:35