Olivier Clerc, écrivain et philosophe, a écrit une petite fable qui laisse à réfléchir.
Imaginez une marmite remplie d’eau froide, dans laquelle nage tranquillement une grenouille. Le feu est allumé sous la marmite. L’eau se chauffe doucement. Elle est bientôt tiède.
La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue de nager. La température commence à grimper. L’eau est chaude. C’est un peu plus que n’apprécie la grenouille ; ça la fatigue un peu, mais elle ne s’affole pas pour autant.
L’eau est maintenant vraiment chaude. La grenouille commence à trouver cela désagréable, mais elle est aussi affaiblie, alors elle supporte et ne fait rien. La température de l’eau va ainsi monter jusqu’au moment où la grenouille va tout simplement finir par cuire et mourir, sans jamais s’être extraite de la marmite.
Plongée dans une marmite à 50°, la grenouille donnerait immédiatement un coup de pattes salutaire et se retrouverait dehors.
Petite fable qui tombe à point nommé après le dernier billet de la section Humeur et quand j'entends certaines personnes dire qu'il ne faut pas s'inquiéter, qu'on verra plus tard.
Quand il sera trop tard ?
Regardez en arrière, nous nous sommes habitués doucement à des choses qui auraient fait bondir nos grands-parents. Pris individuellement, tous ces petits changements n'ont inquiété personne, et peu de gens veulent en avoir une vision globale.
Les rares qui le font publiquement se font traiter de paranoïaques, d'intellectuels (quelle insulte !), d'adversaires au progrès.
Comme si le progrès devait en son seul nom justifier les atteintes aux libertés ...
Sous couvert de progrès on nous présente nos futures menottes et nous applaudissons, béats devant ce qui devrait rendre nos vies plus heureuses et plus simples.
En déversant un flot continu d'informations brutes, les media nous saoûlent, rendant difficile tout recul nécessaire au jugement global.
Souhaitons que certains se réveillent avant la gueule de bois, le bruit des bottes est un mauvais réveil.
Mise à jour du 08 janvier 2007 : le Pingouin Grincheux cite cette petite fable dans un de ses derniers billets, ici.