Jeudi, 28 mai 2009
Fuel : Il est libre Mad Max
Un monde post-apocalyptique, des motos et des voitures s'affrontant dans des courses à l'essence, un scénario vu et revu ? Oui, mais Fuel comporte un petit quelque chose qui fait toute la différence : la liberté. Premières impressions.
Je ne vous ferai pas un énième test de ce jeu, les sites dédiés remplissant très bien leur rôle. Disponible dès demain sur Playstation 3 (et arrivé voici quelques heures dans mon salon), Fuel connaît un retard certain pour les versions XBox et PC, qui ne seront en vente qu'à partir du 5 et 18 juin. D'ici là, ou pour les hésitants, voici ce que j'en ai retenu, et qui permet à ce jeu de se démarquer des standards du genre.
Fuel : Un terrain de jeu de 120 km... de côté
Des jeux proposant de courir après le chrono ou d'autres énervés motorisés dans un territoire ravagé par la guerre, les changements de climat ou les invasions extraterrestres, ce n'est pas vraiment original. En ce sens, Fuel ne se démarque pas et son scénario fait presque de la peine : dans un monde détruit par les changements climatiques, des pilotes s'affrontent pour gagner de l'essence (Fuel, vous saisissez la bonne blague ?). Passons rapidement sur l'ironie de brûler de l'essence pour en remporter et sur la platitude du postulat de départ pour nous attarder sur les possibilités du jeu. Comme dans tout bon jeu de course, on trouve un mode carrière, des défis, un mode online et ... un mode freeride. C'est ce dernier mode, libre comme son nom l'indique, qui donne toute sa valeur à Fuel, et ce n'est pas peu dire !
Une fois ce mode sélectionné, tout le territoire modélisé pour les besoins s'ouvre à vos roues, qu'elles soient au nombre de 4 (voiture digne de Mad Max, buggy ou quad) ou 2 (moto tenant autant de l'enduro que du résultat de l'émission Monster Garage). Attention, tout le territoire est à prendre au sens littéral du terme. Comprenez que seules les lois de la physique vous empêcheront de gravir un mur de pierre et que quitter la route est non seulement permis mais quasiment obligatoire pour découvrir l'ampleur du travail effectué par les développeurs. Oubliez vos références de jeu de course tout-terrain sur de grands espaces, ici, le terrain est immense : 14 400 km² ! Les plus doués en maths auront fait le calcul, c'est un carré de 120 kilomètres de côté, entièrement ouvert et regroupant des environnements variés, allant du lac de montagne au désert de sable en passant par la steppe. À titre de comparaison, c'est la moitié de la surface de la Belgique, et ça représente 2 000 km² de plus que l'Île de France.
À travers ce petit pays, des routes, des sentiers, des chemins et des dénivelés impressionnants, permettant de profiter d'une distance d'affichage réellement à couper le souffle. La carte est tellement grade que les développeurs ont implanté des services d'héliportage pour se déplacer rapidement d'un point à un autre.
Une liberté d'action qui permet même d'oublier le jeu
Jouer pour tenter de finir tous les challenges proposés par le jeu, c'est bien. Mais dans les jeux de course en plein air, j'avoue avoir été très souvent frustré de ne pas pouvoir sortir de la piste pour découvrir le territoire, presque faire une "simple" balade. C'est ici le point fort du jeu : il devient utile de passer du temps à faire du hors-piste de découverte. Dans un premier temps on profite du paysage et au détour d'un chemin, on découvre des bonus (tenues pour le pilote ou peintures pour le véhicule), voire de nouveaux défis à remporter. Et surtout, on ne sent pas enfermé dans cette linéarité propre aux jeux trop scriptés, on peut même lancer une partie dans le seul but de rouler quelques kilomètres, sans chasser le chrono.
Comme le dit la chanson, c'est peut-être un détail pour vous, mais rien ne vaut une balade dans la boue, surtout sans la corde au cou. Pour les hardcore gamers qui se vantent de finir rapidement un jeu, il faudra ici ajouter à la centaine de courses (et le double de défis) un territoire tellement grand qu'il en devient sans doute impossible de l'explorer dans les moindres recoins.
Je trouve rassurant de savoir qu'on paye un jeu qui promet autre chose que des graphismes fabuleux mais tout juste 10 ou 15 heures de jeu avant d'en avoir fait le tour. Car Fuel, en plus d'être quasi impossible à finir, est doté de graphismes vraiment agréables. Les divers effets météorologiques sont suffisamment réalistes pour ne pas gâcher le plaisir de jouer mais on regrettera peut-être, parce que ça s'avère finalement gênant en course, que l'éclairage des phares soit aussi pitoyable en pleine nuit, laissant trop de place à l'improvisation.
Je n'ai pu tester que la version PS3, la version XBox ne devrait pas en être très éloignée. En revanche, pour profiter de tous les effets graphiques dans de bonne conditions sur un PC équipé d'un grand écran, il va falloir une configuration musclée. Aux stéroïdes.
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