Communication foireuse autour d’une valise

Si ce n’est pas encore fait, vous allez sans doute recevoir un lien vers cette vidéo dans les prochains jours. Il s’agit d’une publicité pour Delta Airlines. La compagnie aérienne a placé 6 caméras dans une valise pour livrer un petit film sur ce que vit un bagage entre le moment où vous le déposez sur le tapis et celui où vous le récupérez. Si l’idée est intéressante, le résultat s’avère tout simplement au delà de ce qu’on peut imaginer en terme de raté.

Delta Airlines = Captain Obvious !

En résumant à peine, votre valise passe sur des tapis, prend un petit chariot pour être ensuite hissée en soute. Après le vol, elle fait le trajet inverse. Wouaouh ! Merci Delta Airlines pour cette révélation.
Le film, assez court, est finalement peu crédible : la valise est toujours bien positionnée, jamais recouverte d’un autre sac, surtout pas secouée par le manutentionnaire en passant du tapis au chariot. Ceux qui ont récupéré des valises donnant l’impression d’avoir fait du rodéo sur champ de mines apprécieront.
De plus, quand on voit qu’on vous fait mettre votre tube de dentifrice dans un sac plastique (qui, lui, stoppera l’explosion, c’est connu), savoir qu’une valise remplie d’électronique passe les contrôles achève le côté « pipeau » de l’opération. Au fait, au décollage, on vous fait éteindre votre baladeur pour éviter les perturbations électromagnétiques et là, 6 caméras peuvent continuer à tourner ? Surtout que, depuis le 11 septembre, j’imagine bien la tête du contrôle avec une valise noire percée de 6 trous laissant entrevoir de l’électronique …

C’est bien tenté Delta Airlines, mais la prochaine fois, quitte à faire une vidéo idyllique, il vaudrait mieux assumer son côté truqué et pas tenter de faire passer ça pour du pseudo-amateur.

HTC Desire : Changer la vitre tactile

À l’usine, des fées se postent au bout de la chaîne de montage afin de choisir la destinée des smartphones prêts à être empaquetés. Et parfois, c’est la stagiaire qui se pointe. Nommée « Pas d’bol », elle est la garantie d’une vie souvent acrobatique, parfois écourtée. Apparemment, c’est le cas de ce HTC Desire (pas le mien) qui a en trois semaines connu les joies de la plongée et du saut sur béton façon Jackass. Si vous avez vous aussi hérité d’un modèle plombé par le destin, sachez que ce n’est pas irrémédiablement voué à finir à la poubelle.

Réparer un HTC Desire

Symptôme (visible à droite) : Une vitre fendue dans tous les sens suite à une rencontre fortuite mais intense avec un sol en béton. Pas de panique, ne le jetez pas ! Si l’écran placé sous la vitre tactile est encore entier, ça ne va quasiment rien vous coûter. Direction eBay, où on trouve une vitre pour 29 € (ici en ce qui me concerne), livrée avec deux outils bien pratiques : une clef Torx T5 et un machin en plastique qui servira à déclipser ce qui n’est pas vissé. Pour la marche à suivre, j’ai trouvé ce guide, assez bien fait et qui a la particularité d’être mis en ligne par une boutique spécialisée dans … la réparation de smartphones. Merci à eux de dire comment il font, c’est un comportement assez rare et à applaudir.
Bon, ne rêvez pas, la marche à suivre n’est pas filmée et ils évitent certains détails, comme vous rappeler de bien regarder comment sont agencés les nappes avant de les démonter, car au remontage, il faudra être minutieux. Mais dans l’ensemble, il y a de quoi s’en sortir.

Je sollicite d’avance votre indulgence pour les photos, prises avec un antédiluvien Canon PowerShot A610 et au flash car il était environ minuit.

Le matériel

Munissez-vous d’un sèche-cheveux, d’un petit tournevis cruciforme, de scotch double face costaud (genre 3M), des outils livrés avec la vitre (torx T5 et zigouigoui en plastique) et de café. N’oubliez pas un plan de travail dégagé. Pour ma part, j’ai utilisé deux feuilles A4, histoire de repérer les éléments retirés et d’avoir un surplus de luminosité grâce à la lampe de bureau qui m’éclairait.
C’est bête, mais si la vitre est à l’avant du téléphone, on y accède par l’arrière, ce qui va imposer de démonter TOUT le smartphone. On enlève donc le cache batterie, la batterie, la carte SIM et la Micro-SIM. Comme expliqué dans le guide initial, il faut ensuite faire sauter un cache. C’est là qu’on utilise trucmuche en plastique, sans jamais forcer ! Assez rapidement, on se retrouve avec ce qui est présenté à droite. On distingue bien les deux pastilles chargées de passer du blanc au rouge si le téléphone prend l’eau. Ici, elles sont rouges ce qui confirme que le séjour aquatique de quelques secondes n’a pas été anodin. Pour ça, je vous livre la solution en fin de billet. Au passage, on peut constater que le principe du vibreur est bête comme chou. Un moteur fait tourner un poids qui est tout sauf équilibré. Du coup, quand ça tourne, ça vibre. L’inconvénient du système, c’est qu’il occupe beaucoup de place dans un téléphone où elle est parfois comptée.

La carte-mère du Desire tient par cette seule vis, en haut à gauche sur la photo. Il faut ensuite déclipser l’antenne pour pouvoir soulever la partie supérieure de la carte-mère. Et comme dans plein de domaines, si le haut s’est vite enlevé, pour le bas, il faudra être plus persévérant. Il convient auparavant de dégager les trois nappes souples correspondant au clavier (les 4 touches présentes en bas du téléphone), à l’écran et à la vitre tactile. Ce sont ces trois nappes qui seront votre plaie au remontage. Prenez des photos, ça aide au remontage pour ne pas se planter. Comme on peut le voir sur le cliché, les nappes sont petites et bourrées de connecteurs, il faudra donc être attentif lors du remontage, sous peine (au hasard …) d’avoir un smartphone qui démarre mais sans écran ou sans clavier.

 Une fois que tout est enlevé et que vous avez bien noté comment étaient installés les boutons Power et Volume, ça devrait ressembler à la photo ci-contre.Un peu comme chez iFixit mais en moins pro. Il faut alors prendre un sèche-cheveux et chauffer la vitre cassée pour ramollir la colle qui la maintient contre l’habillage. Et là, même quand la vitre sera sortie de son logement, attendez-vous à gratter. En effet, chez HTC, ils ont mis une quantité de colle monumentale. Une fois que le cadre est propre, on met du double face, comme expliqué ici et on remonte son téléphone dans le calme. Je me répète, mais prenez garde aux nappes souples et ne forcez jamais.

Ha, un détail : quand vous manipulez la vitre et  l’écran AMOLED (SLCD dans notre cas), utilisez des gants. Se retrouver avec une belle trace de doigt sous la vitre, ce serait rageant. Et vérifiez avant de coller la vitre (ce qu’on fait en dernier) qu’aucune saleté n’est entrée. On voit ici un cheveu qui devra partir. Pour ça, le top reste la bombe d’air sec.
Si vous avez travaillé dans le calme et que vous n’avez pas couru après les vis ou laissé tomber votre café/coca sur le plan de travail, vous devriez avoir terminé en une petite heure et vous pourrez assister, ébahi mais fier au boot d’un smartphone ayant retrouvé sa jeunesse. Bon, dans mon cas j’ai prolongé le plaisir car au premier remontage, l’écran ne s’est pas allumé, pour cause de nappe mal fixée (qu’est-ce que je disais, hein ?). Ensuite, quand tout allait bien, je me suis rendu compte que je n’avais pas refixé la carte-mère avec sa vis, donc rebelote. Le bon côté, c’est qu’à présent je suis rodé pour les HTC Desire. Et comme je me suis fait la main sur celui-ci, le mien ne fait pas peur si par malheur il devait lui aussi se faire fracasser la face.

Franchement, malgré le temps demandé, pour moins de 30 euros, repartir avec un smartphone en parfait état, ça vaut le coup (et le coût). Ne jetez pas votre téléphone quand il peut être réparé.

La galerie d’images

Mon téléphone n’a pas su nager, que faire ?

Simple, le sécher. Enfin enlever toute trace d’humidité à l’intérieur. Pour ça, il faut tout de suite enlever la batterie. Évitez d’appuyer sur le bouton Power, ça fait toujours ça d’eau en moins à l’intérieur.
Ensuite, on pose le tout dans une boîte vraiment étanche (Tupperware par exemple) remplie de riz. Le riz va absorber l’humidité présente dans la boîte. Comme celle-ci est étanche, elle va sécher l’intérieur de votre téléphone. En deux jours, cela devrait suffire à redémarrer votre smartphone sans appréhension. Bien entendu, le riz devra être cru …

Complot Nesquik : La preuve accablante

Si vous avez plus de 20 ans, vous connaissez forcément la légendaire mascotte de Nesquik, ignoblement remplacée en 1990 par un abruti de lapin (retrouvez l’historique ici). Officiellement Groquik est parti en vacances, mais en son for intérieur, chacun sait bien qu’on nous ment. Une image vient attester de ce qui est réellement arrivé à Groquik.

L'assassinat de Groquik ...

Quand verra-t-on les vrais journalistes s’intéresser à la mascarade orchestrée par Quicky, arrivé pour faire croire que le produit ne faisait pas grossir ?

World Lu : Un resto à Lyon

Voilà typiquement le genre de courrier qui me fait sourire : une photo présentant une boutique arborant en gros le nom Lu et sans aucun rapport avec les biscuits nantais. Préparez-vous, la domination arrive …
Première étape à Lyon, à proximité de la place Bellecour. Merci Romain !

Un resto Lu à Lyon

Si vous avez des photos de ce genre, n’hésitez pas à me les faire passer, elles compléteront ma collection (inutile, donc indispensable).

Free Mobile : Si j’étais Xavier N.

C’est évident, je ne suis pas Xavier Niel. Si c’était le cas, ce blog aurait plus d’allure, plus de 100 000 personnes seraient abonnées à mes tweets, et mon coiffeur serait en prison. Mais à l’heure où le lancement de Free Mobile agite une nouvelle fois les rédactions web, on peut se laisser aller à quelques souhaits et délires, non ?
Je l’avais dit il y a quelques jours :


Scoop ! On a jamais été aussi proches du lancement de #FreeMobile et demain, ce sera encore moins loin … Si si, j’vous jure !
@PtitLu
P’tit Lu

Et c’est toujours vrai ! Il faut dire qu’après les rumeurs délirantes parues au mois d’août et reprises par de nombreux sites qui étaient plus pressés de squatter la première page dans Google Actus que de vérifier leurs sources, on a eu droit à une agréable période de calme.

Free Mobile : On ose le tout gratuit ?

Et voilà que ce matin, ça repart. D’après Pierre-Henri de Menthon, directeur délégué de la rédaction de Challenges, les internautes clients de Free ne devraient pas tarder à recevoir une carte SIM par la Poste, afin de tester le service durant un mois. L’information a techniquement de quoi être plausible. Cela permettrait à Free de tester une montée en charge progressive de son service. Et comme ce serait gratuit durant cette période (assez lourde en volume d’appels), les plaintes devraient être modérées.

Commercialement, le risque est faible, même avec une gratuité totale. En effet, sur tous ceux qui recevront une carte SIM, peu auront un téléphone déjà désimlocké permettant de bénéficier immédiatement du service. De plus, le fait de recevoir un nouveau numéro pour ce test va en freiner un grand nombre. Après tout, ils ne pourront pas être appelés par leurs interlocuteurs habituels.
Pour agacer la concurrence, ce serait en revanche rudement bien joué ! Si l’opération débute le 17 décembre comme annoncé, c’est l’occasion rêvée de faire douter les acheteurs à une semaine de Noël, période où beaucoup sont prêts à craquer pour un renouvellement de contrat, par le biais d’un nouveau téléphone. Allez, soyons fous, imaginons que Free décide d’offrir un accès total à ses services durant un mois. Appels, SMS, MMS, et surtout, données en illimité. À l’issue du test, Free pourrait alors proposer de conserver l’abonnement en bénéficiant de la portabilité du numéro de l’ancien opérateur. Mais à ce moment là, quelles pourraient être les offres de Free Mobile ?

Objectif : Exploser la concurrence

On a tout lu sur les hypothétiques tarifs à venir. Comme j’estime ne pas être moins crédible que ceux qui ont lu dans des entrailles de poulet avant de publier certains scoops, si j’étais Xavier Niel, voilà ce que je ferai (avant de filer chez le coiffeur).

Avec un trafic Wifi illimité, une connexion automatique au réseau FreeWifi et la VoIP, les appels vers les fixes seront offerts, en illimité, depuis un forfait Free Mobile. Pour les autres appels, il faut faire dans la simplicité, avec un tarif clair : 4 € de l’heure (et du giga de données) vers les mobiles, avec un forfait auto-adaptable. Et pour frapper fort, ce tarif serait divisé par deux pour ceux ayant en même temps un abonnement Freebox.
Là, Free est certain de rapatrier un grand nombre d’abonnés pour le mobile ET internet, soit 2 €/h. Imaginez, vous êtes client  avec une Freebox, et pour 6 € vous avez droit à 3 heures d’appels (+ illimité vers les fixes) et 3 Go de données en 3G (illimité en FreeWifi). Voilà qui pourrait en motiver un paquet à abandonner Orange, SFR ou Bouygues pour prendre le pack complet chez Free. Ajoutez à ça un plafond « tout illimité » pour 20 € (soit 10 heures d’appels avec ma grille de calcul) et vous captez aussi les pros.
Certes, il y aura toujours ceux qui vont profiter du système et télécharger comme des gorets sur leur téléphone. Mais pour ce 1 % de furieux, on a gagné un grand nombre des clients qui auront un usage « classique » et rempliront les caisses via leur double abonnement internet+mobile. Et au passage, ce sont autant de clients en moins pour les trois gros, qui devront très vite s’adapter, et enfin faire chuter leurs prix.

Ajoutons à ça les Femtocells qui permettront de moins dépendre du réseau 3G pour tout faire transiter en VoIP, et on peut avoir un aperçu de la puissance de frappe dont dispose Free à 10 jours du lancement annoncé (par Challenges) de son beta test géant.
Vous pensez que je délire avec mes idées de services et de tarifs qui ne sont connus que de 5 personnes ? Allez, si je perds, je paye une pizza à ces cinq là, et j’ajoute une coupe de cheveux pour Xavier Niel !