Jeu : Les consoles portables sont-elles condamnées ?

La question n’est pas neuve, loin s’en faut. Mais devant les chiffres de vente décevants de la 3DS, au point que Nintendo baisse son prix de 40 % en peu de temps,  alors que les smartphones ont réellement décollé, on peut une nouvelle fois s’interroger. Les téléphones actuels ont des caractéristiques très impressionnantes, et même les futures consoles portables leur seront, techniquement, inférieures. Ajoutons à cela un changement du profil des joueurs, et on peut se dire qu’une page va sans doute se tourner.

Un smartphone peut jouer. Une console ne téléphone pas.

La remplaçante de la Sony PSP, nommée PS Vita, est actuellement officiellement détaillée pour le GamesCon, et JeuxVideo.fr en livre certains éléments :

Ecran : 5 pouces (16:9), 960 × 544, Approximativement 16 millions de couleurs, OLED (Touch screen) Multi touch screen (capacitive type)

Pourquoi je ne parle que de l’écran ? Simplement parce que le joueur lambda et occasionnel se contrefout du reste. Le fameux « casual player », ce joueur aux antipodes du gamer acharné, privilégie le fun et le plaisir d’un petit jeu plutôt que les graphismes ultra chiadés d’un jeu qui demandera 20 heures ou plus pour être fini. Et ce client, il représente non seulement la majorité, mais également celle qui est potentiellement la plus apte à investir. Sur la Sony PS Vita, l’écran fait à peine mieux que les récents smartphones, bien qu »un peu plus grand. Dans quelques mois arriveront des téléphones aux écrans de 4,3 à 4,6 pouces avec des dalles de 1280 × 720 pixels (source 1, source 2). Un affichage HD au creux de la poche …

Et ces téléphones permettront de jouer, regarder un film (pour le Seigneur des Anneaux, on oubliera hein), aller sur internet, chatter, filmer et même – une option de folie – téléphoner. À côté de ça, même avec une jouabilité originale pour cause d’écran tactile déporté sur l’arrière de la console, la PS Vita ne peut rivaliser. Et j’imagine mal un joueur occasionnel dépenser 250 €, hors jeux, dans une console somme toute assez limitée quand un téléphone pas beaucoup plus cher lui en offrira bien plus, même au rayon amusement.
Sony Ericsson s’est déjà lamentablement planté avec le XPeria Play, hybride foireux entre un téléphone et une PSP, Nokia avait essayé les plâtres avec l’ignoble N-Gage. Jouer à Uncharted loin de son salon, ça en fera rêver quelques-uns. Mais sont-ils assez nombreux pour assurer la survie d’une console et les frais de développement des jeux à venir ? Rien n’est, à mon avis, moins sûr.

Sega s’est retiré du marché des consoles et produit aujourd’hui des jeux. Nintendo et Sony devraient commencer à envisager la solution suivante : produire des consoles de salon toujours plus poussées, mais sans délaisser le jeu mobile par le biais de jeux adaptables sur les différents smartphones du marché, que ce soit sur iPhone avec l’Apple Store ou Android via le Market.
En regardant vos usages et ceux de votre entourage, vous achèteriez une console dédiées au jeu mobile ?