Carte d’identité à puce : La fausse bonne idée

Un article de ce matin publié sur PC INpact ressort le serpent de mer auquel on n’ose croire : une CNI (carte nationale d’identité) équipée de puces électroniques.
Si le texte en question parle d’une puce regroupant les informations habituellement écrites sur la CNI, il soulève deux problèmes.

En premier lieu, cette puce, qui ne contient finalement rien de plus que ce qu’on peut liure sur ladite carte actuelle, sera certainement une puce RFID. Du coup, il sera possible de lire à distance les informations qu’elle contient. Et là, ça me dérange déjà un peu.
Mais surtout, il est question d’implanter une seconde puce, qui servira à s’identifier sur internet et donc à prouver qu’on est bien la personne associée à notre nom et notre prénom.
Là, je coince carrément. Pour un tas de raisons. De la plus anodine (et encore …) à la plus dérangeante :

Qui va payer l’équipement nécessaire à la lecture à domicile ? Un lecteur de carte sécurisé à un coût. Et je prends le pari que ça ne fonctionnera qu’avec Windows ou Mac OS et quelques navigateurs.
Il est précisé que « le titulaire de la carte d’identité qui l’utilisera pour s’identifier sur des réseaux de communication électronique ou pour mettre en œuvre sa signature électronique doit rester maître des données d’identification qu’il communique à cette occasion » Mais à part en faisant confiance au système, comment s’assurer de ce qui sera vraiment transmis ?
Il est dit que cette seconde puce sera « optionnelle » et qu’on ne devra pas refuser une vente si la carte ne possède pas cette seconde puce, très bavarde. Et deux ans après, quand ce sera généralisé, sera-t-on toujours si catégorique ?
Apparemment, le principe, sous une forme plus légère, existe en Belgique et les internautes ne semblent pas s’en plaindre. Dans certains pays, une telle identification est obligatoire pour une simple connexion à internet. Et chez nous ?

Alors qu’Hadopi envisage de mesurer la teneur des échanges de fichiers, que la loi LOPPSI2 ratisse très large et que les têtes pensantes se rendent compte qu’une véritable défiance s’installe sur le Web, plus difficile à contrôler que les médias traditionnels, ne peut-on pas légitimement s’inquiéter de cette nouvelle CNI ?
Et puisqu’on sait que tout ce qui « électroniquement sécurisé » finit par être reproductible, qu’en sera-t-il des usurpations éventuelles ?

Avenir et orthographe : Je t’aime, moi non plus ?

Il est rare que je recopie l’une des phrases lues sur internet, où la grammaire et l’orthographe se trouvent régulièrement massacrées. Si vous vous délectez de ce genre de chasse, Facebook est d’ailleurs en passe de remplacer les Skyblogs dans la catégorie des intarissables viviers.
Mais là, j’avoue qu’on atteint des sommets, la forme le disputant au fond.

Les jeunes et l'orthographe... Oui, mé a coze ki sav pa... on Twitpic

Source : Eroan via Twitter

Écologie et démagogie

On vous assure, c’est une mesure longuement réfléchie. Mais dans quel but réel ?

Ces véhicules bientôt bannis des centres-villes titre Le Parisien, en expliquant que 8 grandes villes françaises vont pouvoir interdire la circulation aux véhicules trop anciens. Sont donc visés les voitures d’avant 1997 et les motos d’avant … 2004 !

Autant dire que du côté des motos (et scooters), ça va faire du ménage. D’après la ministre Nathalie Kosciusko-Morizet, ce sont donc « huit millions de voitures de plus de 13 ans d’âge, 1 600 000 deux-roues et 300 000 poids lourds trop vieux pour être équipés de filtres à particules » qui devront rester hors de la ville. Certes, la pollution dans certaines villes est importante. Mais quand ce test de trois ans débutera (le 1er janvier 2012), ces villes auront-elles mis en place des navettes vraiment efficaces pour ceux dont la voiture ou la moto sera stockée sur un parking en périphérie ?

Car vu un peu rapidement, cette mesure ressemble cruellement à une sélection par l’argent. Trop pauvre pour acheter un véhicule récent : hors de la ville, manant !

Mes motos sont de 1996 et 2003, et m’interdiraient donc de venir à deux-roues à Paris, Bordeaux, Lyon, Nice … mais aussi Grenoble ou Clermont-Ferrand).
À quelques jours près, on aurait tous cru à un poisson. D’ici huit mois, il risque d’être bien amer pour un grand nombre de ménages français qui n’ont pas les moyens de relancer la croissance, car sous couvert d’écologie, cette annonce ressemble bien à une tentative de faire vendre des voitures et des motos neuves.

Et j’imagine déjà les cohortes de policiers monopolisés pour vérifier les cartes grises à l’entrée des villes …