Internet

Contrôle du Web : On y vient

Cet article de Numerama risque d’en faire bondir plus d’un. Il va être demandé aux hébergeurs de contenu de conserver les mots de passe de leurs utilisateurs.
Cela touche également les particuliers qui gèrent un forum. L’objectif annoncé est de pouvoir permettre aux services anti-terroristes d’espionner légalement le compte de prétendus terroristes. C’est marrant, on ne le voyait pas venir cet argument éculé …

Techniquement, c’est déjà un souci, car quelqu’un étant un minimum compétent et soucieux de la sécurité de ses utilisateurs ne conserve pas les mots de passe « en clair », mais sous forme cryptée. Donc, il est possible de changer immédiatement le mot de passe d’un utilisateur, mais pour retrouver le mot de passe d’origine quand on ne dispose que de sa somme MD5, il faut « un peu » de temps. Et je n’ose imaginer qu’on force les hébergeurs à garder une base de données séparée avec les mots de passe en clair. Quid de la sécurité, notamment quand le compte en question enregistre des informations très sensibles, comme les numéros de carte bancaire. J’attends avec impatience qu’un rigolo arrive à accéder aux mots de passe de sites de vente en ligne et provoque une fuite géante de codes bancaires, suite à la parution de ce décret français. Et les sites basés à l’étranger, on les force à se plier à une loi qui les fera bien rire ?

Le terrorisme, meilleur ami des glissements vers un État totalitaire

Une fois de plus, un prétexte qui pourrait sembler valable est utilisé pour imposer doucement mais sûrement un contrôle du Net. Des fois que les gens s’y sentent trop libres et osent en faire un lieu de discussion. Ou pire, de réflexion …
Car sans être paranoïaque, on ne peut s’empêcher de se demander si l’argument du « donnez-nous le mot de passe de l’utilisateur xyz, on le suspecte de terrorisme » ne viendra pas à tout bout de champ, simplement parce que ledit utilisateur a tenu en public des propos « dérangeants » et qu’on aimerait pouvoir lire ses messages privés (sur un forum) par exemple.

En bref, le postulat est simple : on vous impose d’abandonner toute velléité de liberté individuelle pour combattre le terrorisme. Si vous refusez, c’est que vous aimez les terroristes. Imparable, démago, et finalement, c’est un comportement qu’on peut résumer en un seul mot, lourd de sens d’après l’Histoire, mais comment y voir autre chose ? Ce mot en totale opposition avec ce que clament les gouvernants, qui regardent les frontons des mairies sans comprendre que Liberté n’y avait à la base pas été écrit pour rien, c’est totalitaire.